Confinement panprovincial en Ontario dès le 26 décembre
Anne Caroline Desplanques | Le Journal de Montréal
Craignant les visites de Québécois à Ottawa, le gouvernement de l’Ontario imposera un confinement total à toute la province dès le 26 décembre, même dans les régions moins touchées par la pandémie.
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«La dernière chose que nous voudrions voir ce serait une grande vague de Québécois qui viennent à Ottawa», a dit au Journal la porte-parole du premier ministre Doug Ford, Ivana Yelich.
Compte tenu du confinement imposé au Québec, l’Ontario craint que les Québécois traversent la rivière pour profiter des commerces, des restaurants ou encore des salons de coiffures si ceux-ci demeurent ouverts dans la capitale fédérale.
De tels déplacements risqueraient de pousser à la hausse le nombre de cas de COVID-19 à Ottawa où on compte seulement 31 des 2123 nouveaux cas rapportés aujourd’hui.
Tous les commerces non-essentiels devront donc fermés le 26 décembre pour 28 jours dans tous le sud de la province, et pour 14 jours dans le nord. Les grandes surfaces, comme Costco, devront elles réduire leur capacité d’accueil à 25%.
Comme au Québec, les élèves des écoles primaires ontariennes seront de retour en classe le 11 janvier au lieu du 4. Les jeunes du secondaire seront quant à eux de retour en classe le 25 janvier.
Frontières
L’Ontario appelle aussi à une réduction stricte des déplacements interprovinciaux.
La fermeture de la frontière entre le Québec et l’Ontario, comme cela avait été le cas lors de la première vague, n’est cependant pas envisagée.
«À Ottawa en particulier, il y a énormément de gens qui travaillent d’un côté de la frontière et vivent de l’autre côté et beaucoup sont des travailleurs essentiels», explique Mme Yelich.
Par contre, Doug Ford presse le gouvernement fédéral de resserrer les contrôles aux frontières internationales.
«Nous avons des frontières qui ressemblent à des passoires à spaghettis», a-t-il grondé, se montrant très inquiet par la nouvelle variante de COVID-19 qui frappe le Royaume-Uni.
Aéroports
M.Ford a pressé le gouvernement Trudeau d’imposer rapidement des tests rapides dans tous les aéroports internationaux du pays, y compris à l’aéroport Pierre Elliot Trudeau de Montréal, et à l’aéroport Pearson de Toronto.
Dans la même veine, le bureau du premier ministre du Québec, François Legault, appelle le fédéral à «s’assurer de mettre en place toutes les mesures nécessaires dans les aéroports pour s’assurer que la transmission communautaire n’augmente pas en raison des voyageurs qui reviennent de l’étranger».
Comme les aéroports sont de juridiction fédérale, les provinces n’ont pas le pouvoir d’y imposer elles-mêmes le dépistage. Mais, à bout de patience, le premier ministre de l’Ontario a promis de faire fi de cette règle si Ottawa n’agit pas rapidement.
Le fédéral a suspendu hier les vols en provenance du Royaume-Uni pour une période de 72 heures et rappelé les mesures de quarantaine obligatoires. Mais Doug Ford s’est montré convaincu que la majorité des voyageurs ne se soumettent pas aux 14 jours de quarantaine.
«On le répète : ce n’est pas le moment de voyager à l’étranger, restez chez vous. La situation est extrêmement fragile au Québec et on ne peut tolérer que des gens voyagent de façon insouciante et affligent notre système de santé davantage», insiste le bureau de François Legault.
Mais malgré les avertissements des autorités, l’aéroport de Montréal ne désemplit pas.
«Qu’on ne fasse rien ici ou qu’on aille là-bas, j’vois pas la différence, en tous cas on n’ira pas encombrer les hôpitaux ici. On va faire attention, on va être très prudent. Je vais jouer au golf et profiter de l’extérieur», a confié un sexagénaire en partance pour la Floride où il s’en va rejoindre des amis.
- avec Patrick Bellerose et Julien McEvoy