Confinés à perpétuité

Richard Lévesque | Ex-Avocat et Ex-Président provincial de l’AQRP
Selon les statistiques de l’Institut national de santé publique du Québec, la Capitale-Nationale devrait être en zone orange.
Difficile à comprendre cette incohérence avec la carte rouge officielle du gouvernement. Cela m’amène à me demander si comme aîné nous ne sommes pas en train de vivre un confinement à perpétuité. Avoir 70 ans et plus semble être un défaut majeur dans notre société et la seule solution est d’être confiné, dit-on pour nous protéger, notamment dans les résidences privées pour aînés.
Je comprends que notre gouvernement et la santé publique ne disposent pas d’un plan pour une restauration progressive de la vie sociale. On improvise. Les préoccupations sont en fonction des organisations, des compagnies et des sociétés. En aucun temps je ne perçois une préoccupation des personnes notamment des aînés. Or, une société vit avec des personnes. De plus, je ne conçois pas que nous devons remettre l’organisation d’une société entre les mains du médecin.
On vieillit plus vite confiné
Je ne sais pas si vous le savez, mais les aînés vieillissent beaucoup plus vite en étant confinés. Pourquoi devons-nous nous contenter pour vivre de regarder la télévision, de prendre une marche et de faire du zoom, mais de ne pas pouvoir aller au restaurant, ni de prendre un café au centre d’achat ni de voir nos enfants et nos petits-enfants ? L’aspect relationnel nous est complètement refusé. Ce n’est pas une vie, cela nous démoralise et nous brise socialement. Les aînés, dont les grands-parents, ne font plus partie de la famille. En plus, comme individu, je suis totalement écoeuré de cet état de fait. Je me sens sacrifié et contrôlé. Mon comportement, donc ma vie est dictée par d’autres, mais non soutenue dans cette situation de Covid.
Le moral de la population dont celui des aînés serait beaucoup mieux si la possibilité d’aller au restaurant était restaurée. Je n’arrive pas à comprendre le pourquoi de ce confinement, sauf le plaisir du pouvoir, d'autant plus que la capitale nationale devrait être en zone orange. Même si je ne voudrais pas vous remplacer, cela ne vous empêche pas d’appliquer des mesures sanitaires avec plus de compréhension de la réalité de ce que les personnes vivent.
La vie ne se vit pas sans risque. Actuellement, les décisions concernant les aînés ne sont pas adéquates. Vieillir ne doit pas être considéré comme une tare. J’en arrive à croire que malgré ce que vous dites « vous voulez nous protéger », vous êtes sur la voie de nous oublier parce que nous ne faisons plus partie de la vie active de la société. N’étant plus des acteurs du marché du travail, nous sommes considérés comme exclus de la société civile ce que les gouvernements antérieurs ont également appliqué avec facilité. Il est grand temps de se questionner. En fait, la gestion de cette crise engendre un gros problème de santé individuelle.

Richard Lévesque, Ex-Avocat, Ex-Président provincial de l’AQRP, Ex-Légiste du gouvernement du Québec