Contrats sans appel d’offre: l’opposition demande à Québec d’ouvrir ses livres

Vincent Larin
L’opposition à Québec demande au gouvernement Legault d’ouvrir ses livres et de rendre publics les juteux contrats de fourniture d’équipement médical pour la COVID-19 à des entreprises qui n’avaient pas d’expérience dans le domaine.
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Selon le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, si le gouvernement refuse d’obtempérer à cette demande : «c’est qu’il a des choses à cacher».
«Si on avait besoin d’un autre exemple de pourquoi une enquête publique et indépendante est nécessaire, le voici, dit-il. «C’est une position intenable que de garder cachées des informations relatives à chacun de ces contrats-là.»
De son côté, le Parti libéral du Québec réitère sa demande que la Vérificatrice générale déclenche une enquête, afin de faire la lumière sur les quelque 3 milliards $ dépensés pour des équipements de protection individuels depuis le début de la pandémie.
Selon une compilation effectuée par notre Bureau d’enquête à partir de documents publics et publiée lundi, au moins six entreprises ayant décroché de ces contrats de plusieurs millions sans appel d’offres avaient très peu de liens, sinon aucun, avec l’univers des équipements de protection individuelle.
C’est à la présidente du Conseil du trésor, Sonia Lebel, de garantir que son ministère a mené les vérifications nécessaires à l’octroi de ces contrats, affirme le député libéral Gaétan Barrette.
Par ailleurs, ce dernier n’achète pas l’explication du ministère de la Santé qui refuse de dévoiler le prix payé pour l’équipement de protection individuel «car ils constituent des renseignements commerciaux de nature confidentielle».
En temps normal, le gouvernement négocie à la baisse le prix d’une marchandise, et donc ne dévoile pas le rabais qu’il a obtenu. Or, en raison de la pandémie, les prix des équipements de protection individuelle atteignaient des records en raison d’une pénurie mondiale.
«Là on est dans la surenchère, ce n’est pas de la compétitivité commerciale. Il n’y en a pas de compétition! [...] On refuse de payer ce qu’on a refusé de payer au-dessus du juste prix», s’indigne-t-il.
Pour le porte-parole de Québec solidaire pour le Conseil du trésor, Vincent Marissal, la pandémie a «le dos très large», particulièrement lorsqu’il est question de finances publiques.
«Ce n'est pas justement un bar ouvert puis ce n'est pas un chèque en blanc pour de donner des contrats de gré à gré à toutes sortes d'entreprises qui, certaines, ne semblent pas tout à fait d'ailleurs se qualifier», a-t-il insisté en point de presse lundi matin.