Russie: une employée d'une station de télé fait un coup d'éclat en plein bulletin de nouvelles

Camille Dauphinais-Pelletier
Une employée de la station de télévision d'État russe Channel One a fait tout un coup d'éclat lundi, en interrompant le bulletin de nouvelles du soir en se tenant derrière la présentatrice tout en criant et en brandissant une pancarte appelant à la fin de la guerre.
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La jeune femme a été identifiée par les médias russes comme étant Marina Ovsyannikova, une employée de la station, rapporte le Guardian. En russe, elle a crié «Halte à la guerre! Non à la guerre!» tout en tenant une pancarte sur laquelle on pouvait lire, aussi en russe : «Ne croyez pas la propagande ils sont en train de vous mentir». Au bas du carton, il était écrit en anglais «Les Russes contre la guerre».
Pendant l'intervention, qui a duré quelques secondes, la présentatrice a continué à lire les nouvelles avec un air impassible, avant que l'image coupe.
Marina Ovsyannikova avait enregistré un autre message avant de réaliser cette intervention, dans lequel elle disait avoir honte de travailler pour Channel One. «Ce qui se passe en Ukraine est un crime, et la Russie est l'agresseur», a dit celle dont le père est ukrainien et la mère russe.
Selon l'agence de presse russe Tass, Channel One a dit qu'une enquête interne serait faite à propos de l'événement.
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Médias retirés
Rappelons que de nombreux médias internationaux ont retiré leurs journalistes de Russie au cours des dernières semaines, après que le Kremlin ait interdit la diffusion en territoire russe de certaines informations.
Dans ce pays, les médias sont presque tous contrôlés par l'État. Ils ont reçu l’ordre strict de ne pas prononcer les mots «guerre» ni «invasion» pour faire référence au conflit, indiquait il y a quelques semaines le politologue Dominique Arel au Journal.
Ils sont également sous la menace de recevoir des amendes, de se faire fermer ou d’être retirés des ondes s’ils produisent des reportages indépendants, par exemple en envoyant des correspondants. «Les médias peuvent simplement répéter les communiqués émis par le ministère de la Défense», avait-il ajouté.