Courte mais significative victoire

Jean-Charles Lajoie
Après 40 minutes de jeu samedi à Toronto, le Canadien courait après les Leafs. Maladroitement, mais avec conviction. L’engagement est une règle élémentaire afin de connaître du succès à ce niveau. Les joueurs en avaient même si les Leafs prenaient un soin jaloux de la rondelle et se procuraient les meilleures chances de compter.
Cette saison, Claude Julien n’a pas le choix. Il doit gagner sa large part de matchs, sans quoi c’est lui qui sera d’abord pointé du doigt. Avant le match contre Toronto, les trois défaites en quatre duels faisaient pointer le tir groupé en direction de l’entraîneur-chef de l’équipe.
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Les leaders montrent l’exemple
Si les joueurs voulaient faire passer le message que les schémas de leur coach ne leur plaisaient pas, l’occasion était fameuse contre les Leafs. Samedi soir d’un océan à l’autre, journée du hockey au Canada. Larguer Julien face aux Austin Matthews et Mitchell Marner aurait atteint leur objectif en les exonérant de tout blâme.
Or le groupe s’est battu. Croche pendant deux périodes, mais battu quand même. Carey Price n’a pas fait face à un délirium de tirs au but, mais plusieurs frappes étaient de qualité. Les joueurs du CH n’ont pas paniqué après le but de Marner sur une passe de Matthews. Une exécution père-fils aux dépens de Danault, Gallagher, Toffoli, Weber et Chiarrot de la part des deux canons des Leafs.
Sans doute l’onde de choc nécessaire au groupe de leadership du Canadien. La charge de la victoire a par la suite appartenu à ces vétérans. Quand tout va bien dans une équipe, même le soigneur est un grand leader. C’est quand tout va mal que l’on reconnaît le véritable caractère, les guerriers. Brendan Gallagher a sué sang et eau pour faire tourner le vent en troisième période. Danault a dans l’ensemble disputé son meilleur match de la saison. Toffoli a encore scoré. Weber donnait impression de sortir les Leafs de leur slip coquille juste en les regardant. Price s’est dressé aux moments opportuns.
Des joueurs engagés
La plupart de ses vétérans ont été bien servis par Claude Julien depuis sa venue en février 2017. Le coach aime le travail défensif bien fait. Il aime progresser d’abord en contrant les meilleurs éléments adverses. Ça veut dire un repli engagé des cinq gars sur la glace, une stratégie qui sert bien Weber et Price, le cœur et l’âme du Canadien. Ça sert aussi Danault, qui en reçoit un généreux temps de glace. Quant à Gallagher, peu importe la situation et la manière, quelqu’un peut-il remettre en doute son engagement ? Voilà pourquoi Marc Bergevin l’a fait indépendant de fortune à jamais en pleurant cet automne.
Apprendre à gagner
Bref, l’eau montait dans la cale du bateau Canadiens. Le Capitaine s’est levé et a entraîné les moussaillons à sortir les chaudières, à se mouiller et à colmater les brèches. Pour l’heure, la barque est maintenue à flot. Le calcul de Claude Julien est bon. Garder les vétérans heureux, garder son job. Ce fut un court mais significatif 2 à 1. Sans doute le prélude de soirées moins excitantes mais gagnantes.
Au fait, Tatar, comprenez-vous un peu mieux mes arguments récurrents ?