Couvre-feu: je réponds à vos questions!

Photo portrait de Richard Martineau

Richard Martineau

2021-01-10T10:00:00Z

Aujourd’hui, pour agrémenter votre dimanche matin, mononcle Richard va répondre aux questions que les gens se posent sur le couvre-feu.

Prêts ? On y va !

AU SERVICE DE LA MACHINE

Première question, de madame Tremblay : « Je ne vois pas en quoi le fait que je me promène seule le soir représente une menace. »

Le couvre-feu ne vise pas que vous, madame Tremblay. Le premier ministre n’a pas dit : « Il est interdit à madame Tremblay de Terrebonne de se promener après 20 h. » Le couvre-feu vise tout le monde. Or, si tout le monde va se promener seul, ce soir, on ne sera plus seul, non ? 

Savez-vous combien de personnes seules peuvent s’asseoir dans un stade qui contient 30 000 personnes ? Trente mille. Savez-vous combien il y a de 1 dans 100 000 ? Cent mille. Savez-vous combien de tuiles individuelles on peut trouver chez « Un million de tapis et tuiles » ? Un million.

Pensez à ça en vous couchant, ce soir. 

Deuxième question, de monsieur Pelletier, qui se décrit comme un libertarien : « Le système de santé est censé protéger les citoyens. Or, maintenant, on demande aux citoyens de protéger le système de santé. Vous ne trouvez pas ça aberrant ? Ce n’est plus la machine qui sert le citoyen, c’est le citoyen qui sert la machine ! »

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Non, monsieur, je ne trouve pas ça aberrant. Car si on demande aux citoyens de protéger le système de santé, comme vous dites, c’est pour que le système soit capable de les protéger. Si le système de santé pète, il ne pourra plus soigner grand monde, non ? Me semble qu’on n’a pas besoin d’être un génie pour comprendre ça. 

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

ET LA SANTÉ MENTALE ?

Troisième question, de madame Lopez, qui termine une maîtrise sur l’analyse des mécanismes disciplinaires propres à l’institutionnalisation de pratiques individualisantes. « Dans ses écrits, le philosophe Michel Foucault a mis en garde l’humanité contre les dangers de la société de surveillance et du biopouvoir qui ne cesse de déployer des dispositifs de sécurité pour mieux contrôler les individus. Ça ne vous fait pas peur ? »

Un : Michel Foucault a aussi trouvé que la révolution islamique de l’ayatollah Khomeini était une excellente nouvelle pour l’humanité, faque... Deux : prêtez-moi votre livre de Foucault, je le passerai à ma belle-sœur qui travaille aux soins intensifs, elle va le lire après avoir terminé son shift de 48 heures...

Quatrième question, de monsieur Leprince : « Et la santé mentale, vous n’y pensez pas ? »

Parce que si on ne fait rien et qu’on laisse le nombre de cas, d’hospitalisations et de décès augmenter en flèche, poussant le gouvernement à allonger la durée du confinement et à adopter des mesures encore plus sévères, vous trouvez que notre santé mentale va mieux se porter, monsieur ? Eh bien...

LES SMATTES

Cinquième question, de madame Cocciante : « On est tanné ! Vous ne trouvez pas qu’on a fait suffisamment de sacrifices comme c’est là ? »

Excellente question, madame ! Mettez-la par écrit, je vais la faire parvenir au virus. 

Je termine sur une sixième question, de mon cru : « Et si, au lieu de chialer et de faire les smattes, on écoutait ce que les travailleurs de la santé nous disent depuis des semaines ? »

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