Couvre-feu: oui aux chiens, mais non aux fumeurs?

Yvan Giguère, Saguenay
Je ne suis pas fumeur. Mais j'ai des amis qui le sont. Voilà qu'avec le couvre-feu mis en place par le gouvernement du Québec, les fumeurs qui demeurent dans des logements sans cours privées ne pourront aller en griller une dehors entre 20h et 5h du matin. Mais les propriétaires d'animaux de compagnie pourront sortir le soir après 20h afin que leurs chiens puissent aller se soulager, et ce, dans un rayon d'un kilomètre.
Je stipule – ou le répète ici – que je salue le couvre-feu instauré par Québec pour aider à freiner la propagation de la COVID-19 sur notre territoire. Il y a donc pour ce faire plusieurs règles et mesures à suivre et à respecter. Mais la règle concernant les fumeurs n'a tout simplement pas de bon sens. Et je suis d'accord avec Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPU (Front d'action populaire en réaménagement urbain), quand celle-ci stipule que cela aura pour effet de créer des problèmes de voisinage.
Une réglementation déjà stricte
Déjà que les règlements entourant les fumeurs dans les logements sont très stricts. Certains baux de propriétaires stipulent que les fumeurs ne peuvent même pas fumer sur leurs propres balcons. Alors, avec le couvre-feu instauré jusqu'au 8 février, nos fumeurs n'auront d'autre choix que de fumer entre les murs de leur loyer, créant ainsi leur lot de conflits avec d'autres locataires.
En tant que locataire et non-fumeur, j'avoue que je serais le premier à les fustiger sans aucune retenue. Et que dire des fumeurs de cannabis! Peut-on imaginer un seul instant l'odeur qui se répand comme une traînée de poudre dans les immeubles résidentiels?
Ouverture demandée
Alors, je demande au gouvernement Legault de montrer un peu plus d'ouverture et de compréhension envers les fumeurs en leur permettant d'aller à l'extérieur entre 20h et 5h, et pour ce faire, un rayon de 20 mètres serait largement suffisant.
De plus, pourquoi ne pas leur permettre aussi d'aller fumer sur leurs balcons? Ce serait toujours moins dommageable qu'à l'intérieur. Les propriétaires de logements pourraient aussi mettre de l’eau dans leur vin en assouplissant leurs règlements. Après tout, cela ne durera qu'un mois.