Trop tôt pour se réjouir malgré une baisse des cas

Un médecin prévient qu’il pourrait s’agir d’un creux dans la troisième vague

Photo Agence QMI, Guy Martel
Photo portrait de Jérémy Bernier

Jérémy Bernier

2021-04-03T15:48:03Z
2021-04-04T03:09:01Z

Même si Québec rapporte 20 % moins de nouveaux cas par rapport au record établi la veille, il est trop tôt pour se réjouir selon un expert, car l’impact de la hausse exponentielle des derniers jours commence à peine à se refléter sur les hospitalisations. 

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Dans les 24 dernières heures, la Capitale-Nationale a recensé 249 nouveaux porteurs du virus supplémentaires sur son territoire. Il s’agit de la première fois depuis deux semaines que les nouveaux cas rapportés sont moins élevés que ceux de la veille. 

La situation épidémiologique est aussi en légère baisse de l’autre côté du fleuve, où l’on enregistre 74 cas de plus. Heureusement, aucun décès n’est à déplorer dans les deux régions. 

Dr Mathieu Simon. Chef des soins intensifs à l’IUCPQ
Dr Mathieu Simon. Chef des soins intensifs à l’IUCPQ Photo courtoisie

« Il est beaucoup trop tôt pour dire qu’on a déjà atteint le sommet de la troisième vague à Québec. Il pourrait seulement s’agir d’un creux, il va falloir voir la tendance sur plusieurs jours », avertit Mathieu Simon, chef des soins intensifs à l’Institut universitaire de cardiologie et pneumologie de Québec (IUCPQ). 

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« On ne veut pas en venir là » 

La moyenne de cas quotidiens a connu un bond incroyable dans la dernière semaine. Environ 177 % plus de personnes ont contracté la COVID-19 quotidiennement depuis les six derniers jours qu’entre le 21 et le 27 mars à Québec.  

C’est ce qui inquiète le Dr Simon puisqu’on commence à peine à voir les impacts de cette hausse rapide sur les hospitalisations. Pourtant, celles-ci ont déjà doublé à l’IUCPQ depuis lundi. Cinq des six patients qui se trouvent aux soins intensifs ont d’ailleurs moins de 60 ans, signe que le virus fait maintenant des dommages chez les plus jeunes adultes.

« S’il n’y a pas de changement dans le respect des consignes sanitaires, le système de santé va être obligé de faire des choix qui sont douloureux. On ne veut pas en venir là », exprime le médecin, faisant allusion au délestage dans les hôpitaux. 

Samedi, 48 personnes étaient hospitalisées pour des complications liées au virus à Québec et à Lévis, soit deux de moins qu’au sommet de la première vague. 

Plus de doses 

L’opération de vaccination poursuit quant à elle sa vitesse de croisière dans la région. Québec et Chaudière-Appalaches ont respectivement administré 6090 et 2379 vaccins vendredi. 

« On attend environ 20 000 à 22 000 doses de Pfizer et autour de 10 000 autres d’AstraZeneca en début de semaine », souligne Mélanie Otis, du CIUSSS de la Capitale-Nationale. 

Les gens qui recevront le sérum d’AstraZeneca seront désormais avertis. On veut ainsi éviter qu’il y ait des refus au moment de l’injection et qu’on gaspille des doses ou qu’on doive réorganiser un autre rendez-vous pour la personne qui s’est désistée. 

Le point sur la situation  

Hospitalisations à Québec*

Hôpital du Saint-Sacrement : 1 (-)

Hôtel-Dieu de Québec : 1 (+1) 

  • Aux soins intensifs : 1 (+1)  

IUCPQ : 12 (-3) 

  • Aux soins intensifs : 5 (-)  

Hôpital de l’Enfant-Jésus : 26 (+2) 

  • Aux soins intensifs : 6 (+1)  

Hospitalisations en Chaudière-Appalaches*

Hôtel-Dieu de Lévis : 8 (-1) 

  • Aux soins intensifs : 7 (+1)  

Vaccins donnés 

  • Québec : 119 945 (+6090) 
  • Chaudière-Appalaches : 62 610 (+2379)  

Décès 

  • Québec : 1018 (-) 
  • Chaudière-Appalaches : 290 (-)  

Cas de variants cumulatifs 

  • Québec : 1656 
  • Taux pour 100 000 habitants : 217,9 (le plus élevé au Québec) 
  • Variants britanniques confirmés : 51 
  • Variants sud-africains confirmés : 1 
  • Chaudière-Appalaches : 410 
  • Taux pour 100 000 habitants : 94,9 
  • Variants britanniques confirmés : 12  

Source : Ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et Institut national de santé publique du Québec (INSPQ)

* En date de vendredi

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