Crise chez Northvolt: le ministre Champagne demeure «confiant», mais «prudent»


Raphaël Pirro
«Prudence» et «confiance» sont les deux mots d’ordre du ministre François-Philippe Champagne dans le délicat dossier de l’usine de Northvolt au Québec, alors que l’entreprise suédoise empile les mauvaises nouvelles.
Pour le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, il y a une distinction à faire entre la santé financière de l’entreprise en Europe et son projet de développer le marché nord-américain.
«Ce qui se passe en Europe, c’est une chose, ce qui se passe en Amérique du Nord, c’est une autre chose. On l’a toujours dit, les opérations en Amérique du Nord continuent.»
Qui plus est, a souligné M. Champagne, l’entreprise aurait assez de liquidités pour mener à terme son usine au Québec, évaluée à 7 milliards $.
Pourtant, le fabricant de batteries se trouve plus que jamais en difficulté, si bien qu’il songe à déclarer faillite aux États-Unis. Son PDG Peter Carlsson vient de quitter la présidence du CA pour laisser sa place à un expert en restructurations.
Malgré les mauvaises nouvelles auxquelles a droit le public sur Northvolt, M. Champagne dit avoir un autre «son de cloche» lorsqu’il en parle à d’autres acteurs liés au dossier, comme la banque Goldman Sachs ou Volkswagen.
Si le projet finit par se réaliser, serait-il à tout le moins retardé? Ce sera à Northvolt d’y répondre, insiste le ministre.
«Ce que je comprends aujourd’hui, ce matin, c’est que le projet au Québec, le projet au Canada continue [...]», a dit M. Champagne en faisant son chemin au caucus mercredi.
M. Champagne a dit qu’il s’entretiendra avec son homologue suédoise dans les prochains jours. La Suède a refusé cette semaine d’acheter des parts dans Northvolt.
Le gouvernement fédéral a «bien négocié» l’entente car il n’a pas «encore» mis d’argent public dans le projet d’usine, a dit le ministre.
«Moi je souhaite que ça se réalise, parce qu’on a fait entrer le Québec dans l’industrie automobile», -a-t-il ajouté.