Crise du logement à Montréal: «La fumée me sort par les deux oreilles quand j’entends Valérie Plante»
TVA Nouvelles
Les sources de la crise du logement qui touche toutes les grandes villes du Canada sont nombreuses, et l’une des solutions proposées par les analystes et les politiciens est simple: construire plus d’habitations. Toutefois, selon les derniers chiffres de la SCHL, Montréal se trouve en fin de peloton quant à son nombre de mises en chantier.
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«J’aurais aimé qu’on ait cette conversation-là bien avant, dit la mairesse Valérie Plante, mercredi en entrevue. La crise du logement, quand j’ai été élu en 2017, déjà j’en parlais. Je trouve ça un peu dommage qu’en 2024 on soit en train d’avoir la même conversation.»
La mairesse de la Ville de Montréal reconnaît encore aujourd’hui que la crise est un enjeu prioritaire et qu’il faut accélérer les mises en chantier, mais sa réponse est loin d’impressionner les invités à l’émission La Joute ce soir.
«La fumée me sort par les deux oreilles quand je l’entends», lance d’emblée l’ancienne députée péquiste, Elsie Lefebvre.
«Elle l’a dit elle-même que c’était sa priorité quand elle est entrée au pouvoir. Ça fait six ans qu’elle est là!», fustige-t-elle.
«On a d’autres villes au Canada qui vivent les mêmes dynamiques que nous, la même inflation et les mêmes pénuries de main-d’œuvre, mais qui réussissent à faire des chantiers», ajoute-t-elle.
Montréal a diminué son nombre de mise en chantier de 37%, comparativement à Toronto qui a augmenté de 5% et Vancouver de 28%.
L’écart entre ses chiffres est «inexcusable», selon l’analyste politique.
«On ne peut pas juste répéter "vive le logement" et sourire pendant 6 ans, mais ne pas faire de résultat, et même être en dernier de peloton», conclut-elle.
«C’est comme les 12 travaux d’Astérix»
Le consultant en relations gouvernementales, Marc-André Leclerc, soutient que ce ralentissement sur les mises en chantier est causé par les délais pour obtenir un permis de construction.
«Quand tu parles avec les entrepreneurs du Québec, ils disent que les permis, les contrats et les autorisations, ça prend une éternité», affirme-t-il.
«On se perd dans la bureaucratie, c’est comme les 12 travaux d’Astérix», lance-t-il à la blague.
«Avant que les villes chialent sur le provincial et le fédéral, régler ça. Montrez que vous êtes rapide. Après ça, les villes pourront lever le drapeau et dire que Québec et Ottawa ne font pas leur travail», juge-t-il.
Les villes responsables des permis de construction
La chroniqueuse et nouvellement animatrice télé à QUB, Yasmine Abdelfadel, critique, à son tour, les délais occasionnés par les municipalités.
«Ça prend toujours des permis et c’est toujours chez le municipal qu’on va les chercher. C’est Mme Plante et son équipe de la Ville de Montréal qui doit faire en sorte d’accélérer les permis de construction, notamment les problèmes de zonage», précise-t-elle.
L’analyste politique soutient que «ce n’est ni à Ottawa ni à Québec qu’on va changer le zonage ou qu’on va donner les permis de construction de manière rapide, sans se perdre dans la bureaucratie municipale».
Elle tient également la mairesse plante, en poste depuis plus de 6 ans, en grande partie responsable de la situation.
«Qu’est-ce qui a été fait comme travail d’accélération en ce sens? Je reste sur ma faim», dit-elle.
Cependant, «si la construction des pistes cyclables comptait dans les mises en chantier, on serait dans le positif», esquive-t-elle.