Critique | Humour: voici ce que nous avons pensé du premier spectacle d’humour solo de Patrice L’Ecuyer

Patrice L’Ecuyer présentait la première québécoise de son premier spectacle solo, «Après seulement 32 ans d’absence sur scène», mardi soir, à la Salle Albert-Rousseau de Québec.
Patrice L’Ecuyer présentait la première québécoise de son premier spectacle solo, «Après seulement 32 ans d’absence sur scène», mardi soir, à la Salle Albert-Rousseau de Québec. Photo Marcel Tremblay/Agence QMI
Photo portrait de Cédric Bélanger

Cédric Bélanger

2025-11-12T04:20:20Z

«Ça fait 32 ans que j’attends ce moment», a lancé Patrice L’Ecuyer, en posant les pieds sur la scène de la Salle Albert-Rousseau. À 65 ans, il y présentait mardi soir un premier spectacle d’humour en solo qui, à défaut d’être hilarant, a pris les allures d’un divertissant survol d’une carrière riche en anecdotes.

Certains racontent leur vie dans une biographie. L’animateur-comédien et maintenant humoriste, quant à lui, a décidé d’écrire un spectacle.

Après 32 ans d’absence sur scène — un titre qui renvoie à la fin de son spectacle avec Bernard Fortin au cours duquel le duo avait créé le célèbre numéro Merci beaucoup, dans les années 1990 — puise essentiellement dans les souvenirs professionnels de Patrice L’Ecuyer.

Il faut dire qu’en cumulant ses rencontres plus ou moins fortuites avec des célébrités comme l’ex-Spice Girl Geri Halliwell, dont il avait repoussé bêtement les avances quand elle avait été invitée à son talk-show, ses participations au Bye bye et les émissions de télé populaires qu’il a animées — qui ne se souvient pas des Détecteurs de mensonges et des célèbres citations de Confucius —, il ne manque pas de matériel à exploiter.

«That guy is so funny», aurait même déjà dit de lui le fameux Steve Martin, que le hasard semble avoir vraiment mis souvent sur son chemin.

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25 000 billets vendus

Habile conteur, Patrice L’Ecuyer, exploitant à bon escient des archives photo et vidéo, n’a pas eu de difficulté en ce soir de première à mettre le public assez âgé de son bord, malgré quelques bafouillages ici et là.

Sa cote d’amour est demeurée intacte, la preuve étant que son amie Guylaine Tremblay est débarquée à la fin du spectacle pour lui remettre une plaque pour les 25 000 billets qu’il a vendus avant même de partir en tournée.

Cela dit, à part quelques blagues mordantes sur des personnalités déchues comme Edgar Fruitier et Gilbert Rozon, son humour demeure bon enfant, assaisonné d’une bonne touche de grivoiserie. Patrice L’Ecuyer sur scène, en fait, c’est une version de luxe du sympathique beau-frère qui vous raconte ses histoires de voyage abracadabrantes lors d’une réunion de famille.

Rappel d’une tragédie

Il est à son plus drôle lorsqu’il aborde les étapes les plus glorieuses de sa carrière. On en aurait notamment pris davantage sur les coulisses des Bye bye, prétexte pour offrir de savoureuses histoires impliquant Dan Bigras et sa grande amie Dominique Michel, quitte à éliminer des segments plus faibles, par exemple ceux à propos de sa jeunesse d’aspirant comédien.

Patrice L’Ecuyer profite aussi de son spectacle pour aborder de front la tragédie aérienne qui a coûté la vie à Jean-Claude Lauzon et Marie-Soleil Tougas, dont Gaston Lepage et lui avaient été les impuissants témoins dans le Nord québécois, en 1997.

Pendant plusieurs heures, «tout le monde pensait que j’étais mort», a-t-il rappelé, suscitant une vive émotion dans la salle.

Incidemment, c’est ce numéro en rupture de ton, où il se met réellement à nu, qui constituera le fait marquant de ce spectacle.

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