Croissance de 4,6 % pour le PIB au Canada en 2021
Agence QMI
Le produit intérieur brut (PIB) réel du Canada a augmenté de 4,6 % en 2021, après une baisse (-5,2 %) provoquée par la pandémie de COVID-19 en 2020.
Pour le quatrième trimestre 2021, le PIB du pays a augmenté de 1,6 %, après avoir progressé de 1,3 % au troisième trimestre.
Selon Statistique Canada, cette croissance a été stimulée par l'investissement des entreprises en ouvrages de génie (+3,5 %), par les coûts de transfert de propriété (+14,3 %), ainsi que par l'accumulation des stocks.
Les exportations internationales ont aussi affiché une croissance, «mais celle-ci a été éclipsée par l'augmentation plus prononcée des importations», a toutefois précisé l’organisme fédéral.
Quant à la consommation des ménages, la croissance observée a été modérée par la hausse des prix.
Le revenu disponible des ménages a fléchi de 1,3 % au quatrième trimestre. Il s’agit d’une deuxième baisse trimestrielle consécutive. «Ce recul est principalement attribuable à la diminution (-11,9 %) des transferts gouvernementaux aux ménages», a indiqué Statistique Canada.
«Mentionnons cependant le rebond étonnant de l’investissement résidentiel, qui détonne par rapport à la tendance à la baisse observée au sein du marché de l’habitation depuis le printemps 2021. Si la construction neuve a continué à diminuer, une hausse a été répertoriée dans la rénovation et les coûts de transfert en raison de la légère remontée des ventes de propriétés existantes survenue à l’automne», a pour sa part commenté Benoit P. Durocher, économiste principal chez Desjardins.
Statistique Canada note également que la rémunération des employés a progressé de 1,9 % au quatrième trimestre, après avoir augmenté de 2,9 % au troisième trimestre. Par ailleurs, la rémunération en 2021 était supérieure de 9,1 % à ce qu'elle était en 2020.
Pour l’économiste, «tous les indicateurs sont au vert pour une hausse des taux d’intérêt directeurs [mercredi] matin. Non seulement la croissance économique a été très robuste en seconde moitié de 2021, mais les premières indications pour le début de 2022 sont rassurantes», a -t-il ajouté, soulignant toutefois que «l’inflation poursuit son ascension» et que la récente hausse des prix de l’énergie «est préoccupante».
Le résultat provisoire du PIB réel par industrie indique une hausse d’environ 0,2 % en janvier. «Visiblement, l’économie canadienne a fait preuve d’une plus grande résilience que prévu face à la vague Omicron. Avec un départ plus vigoureux, l’ensemble du premier trimestre se soldera par un gain plus élevé qu’anticipé initialement», a noté Benoit P. Durocher.
L’économiste ajoute toutefois que «plusieurs incertitudes subsistent» pour les prochains mois, notamment en raison du conflit armé en Ukraine qui «risque d’envenimer les problèmes d’approvisionnement».
Le Canada parmi les pays les plus dépensiers
Le Canada est un pays qui dépense beaucoup, mais qui n’atteint pas les meilleurs résultats au niveau de sa santé économique, selon un rapport rendu public mardi.
L’étude réalisée par la Fédération canadienne des contribuables (FCC) montre que le Canada s’est classé au cinquième rang des pays industrialisés ayant le plus dépensé en 2021, et a eu une performance économique sous la moyenne durant la pandémie.
Pour arriver à cette conclusion, la FCC a comparé des données les plus récentes du Fonds monétaire international sur les dépenses liées à la COVID-19 par les gouvernements des pays du G20.
«Dépenser plus d’argent des contribuables sur la pandémie ne s’est pas soldé en de meilleurs résultats économiques ou sanitaires. Il est grand temps que les gouvernements canadiens réduisent les emprunts et arrêtent d’accumuler de la dette», a dit Franco Terrazzano, directeur fédéral à la FCC.
Le rapport de la FCC montre que les dépenses liées à la COVID-19 représentent 15,9 % du Produit intérieur brut (PIB) du Canada. Cependant, le pays s’est tout de même positionné au huitième rang en ce qui a trait à la prévention des décès et au 12e rang en termes d’activités économiques pour les années 2020 et 2021.
Rappelons que, même avant la pandémie, le Canada affichait des sommets historiques au niveau de ses dépenses. «Au lieu de prioriser certaines dépenses, Ottawa souhaite dépenser plus sur tout et pour toujours. Le gouvernement fédéral devrait ramener les dépenses aux niveaux-prépandémiques – qui atteignaient déjà des sommets historiques – et œuvrer à équilibrer le budget», a ainsi ajouté M. Terrazzano.