Dach y sera, Lafrenière on ne sait pas
Équipe Canada junior invite un total de 47 joueurs à son camp de sélection


Kevin Dubé
Équipe Canada junior (ÉCJ) invitera 47 joueurs à son camp de sélection en vue du Championnat mondial de hockey junior, dont neuf proviennent de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). Si les Blackhawks de Chicago ont accepté de prêter Kirby Dach à l’équipe nationale, les Rangers de New York sont toujours en réflexion dans le cas d’Alexis Lafrenière.
Hockey Canada a reçu la nouvelle jeudi dans le cas de Dach, tout juste avant de faire l’annonce des joueurs invités. Advenant le cas où la LNH parvenait à reprendre ses activités le 1er janvier, comme c’est l’objectif actuel, Dach serait retourné aux Hawks afin qu’il puisse participer au camp d’entraînement de l’équipe. Dans le cas de Lafrenière, le président de Hockey Canada, Tom Renney, a eu des pourparlers avec l’organisation des Rangers, mais aucune décision n’a été prise.
« J’ai eu une bonne conversation avec leur directeur général, Jeff Gorton, et nous lui avons expliqué quels étaient nos échéanciers. Jeff était ouvert à l’idée et on espère que le joueur pourra rejoindre notre équipe. J’ai l’intention de faire un suivi avec lui dans une dizaine de jours », a-t-il expliqué. Lafrenière aurait deux fenêtres d’opportunité pour rejoindre Équipe Canada. La première serait le 16 novembre, à l’ouverture du camp de sélection qui se déroulera à huis clos, à Red Deer, en Alberta. Une fois le camp débuté, personne ne sera autorisé à entrer dans la bulle.
Joueurs de la LHJMQ
Si Lafrenière ne pouvait pas se joindre à l’équipe à ce moment, il pourrait ensuite le faire le 13 décembre, soit la date où l’équipe déménagera de Red Deer vers Edmonton afin de s’installer dans la bulle jusqu’à la fin du tournoi, le 5 janvier.
Pour ce qui est de la LHJMQ, les attaquants Jakob Pelletier (Val-d’Or), Samuel Poulin (Sherbrooke), Dawson Mercer (Chicoutimi), Hendrix Lapierre (Chicoutimi), Mavrik Bourque (Shawinigan) et Xavier Simoneau (Drummondville) ainsi que les défenseurs Justin Barron (Halifax), Lukas Cormier (Charlottetown) et Jordan Spence (Moncton) ont reçu l’invitation d’ÉCJ. Le gardien montréalais Devon Levi (Université Northeastern) a lui aussi reçu le coup de téléphone.
Long camp
Il s’agit assurément d’une situation sans précédent pour Hockey Canada. Le camp durera près de 40 jours et les joueurs qui se tailleront une place avec l’équipe seront à l’extérieur pour une durée de 51 jours. Le but de tenir un si long camp est de s’assurer que les joueurs auront retrouvé leur erre d’aller au moment de débuter la compétition puisque la majorité des hockeyeurs invités n’ont pas joué de hockey de haut niveau depuis mars dernier, soit depuis près de huit mois.
Le nombre élevé de joueurs invités permettra d’organiser des rencontres intraéquipes au début du camp et Hockey Canada est en discussion avec U Sports afin de présenter des matchs contre des équipes universitaires de l’Ouest canadien.
« Je n’ai jamais dirigé une équipe composée de joueurs qui n’ont pas joué depuis plus de sept mois, a mentionné l’entraîneur-chef de l’équipe nationale junior, André Tourigny. [...] C’est difficile d’anticiper comment ça va se passer parce que personne ne l’a vécu. Ce serait arrogant et menteur de notre part de dire qu’on sait ce qui va arriver parce que c’est sans précédent. On ne sait pas quel va être le niveau de jeu ni les défis qui nous attendent, mais on est prêt à y faire face. »
Protocole strict
À noter que les joueurs, entraîneurs et membres du personnel devront obtenir un test négatif de COVID-19 avant de pouvoir accéder à la bulle de Red Deer pour le camp de sélection, où aucun spectateur, membre des médias ou de la famille des joueurs ou des entraîneurs ne sera admis.
Tous les membres d’ÉCJ seront ensuite testés tous les trois ou quatre jours à l’intérieur de cette dernière.
Contrairement au nombre habituel de 23, Équipe Canada junior pourra conserver un total de 25 joueurs pour le tournoi de cette année afin d’avoir des polices d’assurance en cas de blessures, notamment. La compétition se met en branle le 25 décembre et la finale aura lieu le 5 janvier.
▶La liste complète des invitations est disponible ici.
Simoneau se dit soulagé

Xavier Simoneau n’a probablement jamais apprécié faire un travail d’équipe d’anglais autant que celui qu’il a fait avec son coéquipier Édouard Charron, mercredi soir.
Les deux coéquipiers des Voltigeurs de Drummondville étaient réunis par un appel vidéo pour s’avancer dans ce travail scolaire lorsque le téléphone de Simoneau a sonné.
« J’ai répondu et on m’a annoncé que j’étais invité au camp. Honnêtement, ç’a été un soulagement pour moi. J’étais vraiment content », a-t-il raconté en entretien avec Le Journal, jeudi.
Un soulagement parce que son nom avait passablement circulé au cours des derniers jours. L’entraîneur-chef d’Équipe Canada junior André Tourigny avait mentionné sur plusieurs tribunes que le capitaine des Voltigeurs de Drummondville faisait partie des candidats pour une invitation au camp de sélection national.
« Je m’en vais là en étant sous-estimé. Je n’ai pas été repêché dans la LNH et je veux causer une surprise. Mon but est d’aider Équipe Canada à remporter une médaille. Je suis à l’aise avec le rôle de négligé parce que ce n’est pas la première fois que ça m’arrive. Je m’en vais là en ayant en tête que j’ai une chance de faire l’équipe. »
Intangibles
À écouter Tourigny en parler jeudi, il est clair que Hockey Canada voit en Simoneau des qualités recherchées en vue du prochain tournoi.
« Je le décris souvent comme un joueur qui a beaucoup d’intangibles. C’est un joueur de caractère, un peu comme Brendan Gallagher à Montréal. Quand tu regardes ses statistiques et son profil, tu vois que c’est un bon joueur, mais quand tu le regardes, tu vois qu’il amène beaucoup à une équipe. L’an dernier, les Voltigeurs de Drummondville avaient une très bonne saison, mais ont échangé un joueur d’impact en Dawson Mercer lors des Fêtes. Malgré ça, l’équipe n’a pas baissé de régime. »
Simoneau est l’un des trois seuls joueurs invités par Équipe Canada junior à ne pas avoir été repêché par une équipe de la LNH, les deux autres étant les gardiens de but Taylor Gauthier et Brett Brochu.
« Pour nous, ce n’était pas un critère, a ajouté le pilote canadien. Quand tu repêches pour la LNH, tu veux un gars autour de qui tu vas bâtir dans trois, cinq, huit ou dix ans pour gagner la Coupe Stanley. Dans trois, cinq ou huit ans, on va avoir un souvenir de ce qu’était le Mondial junior. Nous, c’est dans trois mois. Je ne suis pas en train de dire aux équipes de la LNH comment faire leur travail, au contraire. Les joueurs qu’on a invités performent au niveau junior et peuvent nous aider à gagner la médaille d’or et c’est pourquoi ils sont là. »