«Totalement inacceptable» et «extrêmement triste»

Le PDG du CISSS défend sa gestion du dossier au Manoir Liverpool

Un véhicule de police entre dans le stationnement du Manoir Liverpool, à Lévis, en mars dernier, alors qu’une éclosion de COVID-19 frappait la résidence pour personnes âgées.
Un véhicule de police entre dans le stationnement du Manoir Liverpool, à Lévis, en mars dernier, alors qu’une éclosion de COVID-19 frappait la résidence pour personnes âgées. Photo Didier Debusschere
Photo portrait de Dominique Lelièvre

Dominique Lelièvre

2021-02-06T19:30:35Z
2021-02-07T04:19:03Z

Daniel Paré, le PDG du CISSS de Chaudière-Appalaches qui dirige aujourd’hui l’immense campagne de vaccination contre la COVID-19 au Québec, soutient ne pas avoir agi plus tôt dans le dossier du Manoir Liverpool à Lévis parce que les mécanismes en place ont failli à détecter «la maltraitance qui [y] avait cours».

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Dans une déclaration écrite diffusée samedi, M. Paré rapporte que dans les dernières années, les visites du CISSS dans cette résidence et les informations provenant d’autres entités (Agrément Canada, ministère, commissaire aux plaintes) «n’ont permis de relever que des lacunes qui ont trait à la qualité des soins et des services et pour lesquelles le CISSS a soutenu le Manoir».

Le PDG du CISSS de Chaudière-Appalaches, Daniel Paré, dit qu’il aurait agi «plus tôt» s’il avait eu le «moindre doute que des pratiques malveillantes étaient en cours».
Le PDG du CISSS de Chaudière-Appalaches, Daniel Paré, dit qu’il aurait agi «plus tôt» s’il avait eu le «moindre doute que des pratiques malveillantes étaient en cours». Photo Stevens LeBlanc

«Malheureusement, en aucun cas, cette vigie n’a permis de déceler la maltraitance qui avait cours au Manoir Liverpool», se désole-t-il en affirmant plus loin: «Si j’avais eu le moindre doute que des pratiques malveillantes étaient en cours au Manoir Liverpool, j’aurais agi plus tôt.»

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Constats troublants

Une enquête administrative menée par le CISSS, dont la synthèse a été rendue publique vendredi, a révélé des lacunes nombreuses et troublantes, qui auraient commencé «bien avant» l’arrivée de la COVID-19, dans le secteur de la ressource intermédiaire au Manoir Liverpool, une résidence privée de Lévis.

Il est question de bains non donnés sur des périodes allant jusqu’à trois semaines, de résidents oubliés à l’heure des repas ou encore de sonnettes d’alarme de résidents ignorées.

Par l’entremise d’une mise en demeure envoyée au CISSS, le Manoir Liverpool a dénoncé jeudi une «synthèse bidon» et des «allégations non fondées».

Même si le CISSS n’exploite pas la résidence, le rapport s’interroge sur «la tolérance du CISSS de Chaudière-Appalaches à l’égard des soins et des services déficients et récurrents du Manoir Liverpool».

De bonne foi

Le document reconnaît néanmoins que les intervenants du CISSS ont agi «en toute bonne foi», engageant de nombreuses ressources dans des démarches d’accompagnement de l’entreprise depuis 2016 pour l’aider atteindre de meilleurs standards.

Vendredi, la ministre responsable des Aînés Marguerite Blais avait laissé entendre que même les gestionnaires du réseau seraient imputables.

Dans sa déclaration, M. Paré, qui est à la tête du CISSS depuis 2015, estime que ce qui est reproché au Manoir Liverpool est «totalement inacceptable et extrêmement triste».

Il ajoute avoir lui-même demandé la tenue d’une enquête et le déplacement de résidents vulnérables vers d’autres endroits quand il a «eu vent que des pratiques malveillantes étaient en place dans cette résidence».

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