De nouveaux cégépiens heureux de commencer en présentiel

Dominique Scali
Les nouveaux étudiants étaient heureux de commencer le cégep en présentiel hier, mais ils sont aussi inquiets à l'idée de prendre du retard dans leur cheminement scolaire, après deux années de secondaire chamboulées par la pandémie.
«En maths, ça va être dur. De toute l’année dernière, on n’a pas appris grand-chose», avoue Chad Stehle, 17 ans, qui entre en sciences humaines, profil administration.
Même s’il fréquentait une école privée, il n’a pas l’impression d’être tout à fait prêt à affronter le niveau supérieur dans cette matière.
«On n’a rien fait du tout. Tout le monde a passé juste», abonde son collègue Victor Larochelle, 17 ans.

Décalage
C’était le jour de la rentrée dans la plupart des cégeps de la province, hier. Le Journal est allé à la rencontre des étudiants au Collège de Maisonneuve. Plusieurs nouveaux ont dit craindre qu’il y ait beaucoup de disparités entre les étudiants qui arrivent d’une panoplie d’écoles différentes.
«Ça fait deux ans qu’on n’a pas eu d’examens du ministère», rappelle Kiara Perez, 17 ans, qui entame un programme de sciences humaines, profil justice et société. «Je suis plus stressée qu’autre chose», résume-t-elle.
«Je m’attends à un gros-petit décalage», ironise Marie Frenette, 17 ans, qui entre en sciences de la nature. «Mais j’ai l’impression que les profs nous ont bien préparés», nuance-t-elle.

C’est aussi ce que croient Lili No et Célia-Rose D’Ambra, âgés de 17 ans, qui venaient tout juste de terminer leur premier cours de maths lorsque Le Journal les a interrogées. Leur enseignant a fait une petite mise à niveau afin de s’assurer que tout le monde avait vu certains sujets de base, ont-elles souligné avec satisfaction.

Stressés ou pas, presque tous les jeunes rencontrés se sont dits «contents» d’être en personne sur le campus.
Vive le présentiel
«En virtuel, les profs faisaient de leur mieux, mais on finissait par s’endormir», dit Noelie Nabole, 18 ans, qui commence une technique en intervention en délinquance.
«Honnêtement [le retour en vrai], c’est tout ce que j’attendais», dit Zoé Hirspieler, 18 ans, qui commence sa deuxième année en sciences, lettres et arts.
«Il y a trop d’action», s’exclame son compère Théo Guindon, 18 ans, lequel est étonné de voir autant de monde partout. «J’ai l’impression d’être à Poudlard», ajoute-t-il, en référence à l’école de la série Harry Potter.
Car même parmi les étudiants de deuxième année, plusieurs vivaient leur première vraie rentrée sur le campus après une première année à distance.
«Ça fait un an que je suis dans mon programme [d’arts et lettres, profil cinéma], et je ne connais encore personne», déplore Ariane Rochefort, 18 ans.
Sur la vingtaine d’étudiants interrogés, une seule s’est dite déçue du retour en présentiel, notamment parce qu’elle doit faire plus de 2 h de transport par jour pour se rendre au cégep.
«Il y a plusieurs cours qui auraient facilement pu se poursuivre en ligne», estime Pamela Bigonesse, 24 ans, qui termine une technique en diététique.
