Déficience intellectuelle: les défis de la pandémie
Charel Traversy | TVA Nouvelles
La dernière année a été particulièrement difficile pour les gens vivant avec une déficience intellectuelle, qui sont plus à risque de contracter la COVID-19 et d’avoir des complications.
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À Shawinigan, en Mauricie, le quotidien de Félix, qui vit avec la trisomie 21, a été chamboulé depuis le début de la pandémie de COVID-19.
«J’ai été capable d’affronter ça», a confié le jeune homme qui vit en appartement.
Les personnes qui vivent avec une déficience intellectuelle sont plus à risque face au virus, une situation qui représente une source d’inquiétude pour leurs familles.
«Au début avec Félix, il ne comprenait pas le virus, c’est abstrait. C’est invisible. Toutes les contraintes, comme se laver les mains, respecter le deux mètres et ne pas sortir de la maison... c’est abstrait», a commenté Michèle Lafontaine.
La vaccination de ces personnes sera accessible dès le mois d’avril, mais les impacts de la crise sanitaire sont déjà visibles.
«La perte de certains acquis, le manque de stimulation, le manque d’opportunités d’être en interaction sociale font en sorte que plusieurs personnes perdent des compétences et des capacités d’interagir. Certaines personnes vont développer des angoisses, des anxiétés importantes. C’est à dire, une peur d’entrer en relation et d’être contaminé», a déclaré Martin Caouette, professeur à l’Université du Québec à Trois-Rivières et titulaire de la Chaire autodétermination et handicap.
Michèle Lafontaine est d’ailleurs convaincue que le projet d’habitation adapté à Shawinigan J’ai mon appart, qui doit voir le jour dans les prochains mois, aurait fait une grande différence.
À Joliette, un projet similaire, Défis-logis, a grandement aidé à traverser la crise sanitaire.
«Quand la pandémie est arrivée, on s’est informé, on s’est dit: est-ce que ce modèle d’habitation tient la route pour nos personnes? Et oui! Ça brisait l’isolement. Les personnes avaient leur appartement, mais l’immeuble ensemble formait une bulle. Ils pouvaient ensemble continuer d’avoir des contacts parce qu’il y a une grande salle commune», a enchaîné Mme Lafontaine.
La construction du projet J’ai mon appart doit commencer au mois d’avril, et les premiers locataires devraient pouvoir s’installer pour le temps des Fêtes 2021.
Plus de 169 000 personnes vivent avec une déficience intellectuelle au Québec, ce qui représente près de 2% de la population.