Délégation autochtone au Vatican: vers un mouvement de réconciliation?

Agence QMI

2022-03-27T01:28:44Z

Une délégation de communautés autochtones s’est mise en route samedi vers le Vatican, afin d’échanger avec le pape François, une rencontre jugée historique et qui pourrait amorcer un mouvement de réconciliation avec l’Église.

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Une trentaine de personnes font partie du voyage afin de rencontrer le souverain pontife de lundi à jeudi prochains.

«[Ces rencontres] vont donner la chance à ces personnes qui sont des survivants des écoles, qui sont aussi des aînés, et qui sont des jeunes des communautés, qui ont été choisies de concert avec les instances nationales autochtones et innues, de pouvoir livrer leur témoignage, de faire leurs demandes», a indiqué Monseigneur Raymond Poisson, vice-président de la Conférence des évêques catholiques du Canada, actuellement présent au Vatican.

Une rencontre publique est prévue le 1er avril prochain, a précisé l’évêque, qui a cependant souligné qu’il ne savait pas si des excuses étaient prévues par le pape.
Il a toutefois rappelé que les évêques du Canada avaient présenté leurs excuses en septembre dernier, après les découvertes de sépultures anonymes près d’anciens pensionnats autochtones du pays.

«Il n’y a pas de coupures entre ce que le Saint-Père pense et ce que [les évêques du Canada pensent]», a assuré Monseigneur Poisson en entrevue, samedi, à LCN.
Les membres des Premières Nations réclament, depuis longtemps, des actions concrètes de la part de l’Église catholique, notamment de donner accès aux archives sur les pensionnats.
À ce sujet, le vice-président de la Conférence des évêques catholiques du Canada a avancé que l’Église travaillait avec les communautés autochtones depuis 2015.

«Tout récemment, depuis [la découverte de sépultures à] Kamloops, nous avons mis sur pied un comité interautochtone et les communautés religieuses et nous pour pouvoir libérer les archives», a-t-il souligné.

«Maintenant les archives, il n’y en a pas partout. Il y en a d’abord dans les communautés religieuses impliquées et ce sont souvent des registres qui sont sacramentels, c’est-à-dire qui concernent les sacrements qui ont été vécus par les enfants. Mais on fait la lumière là-dessus, il faut aussi le faire dans le respect des lois, on ne peut pas divulguer n’importe quoi, n’importe quand», a-t-il poursuivi.

«Nous ne sommes plus dans le même contexte, c’est pourquoi les livres s’ouvrent, les personnes se rencontrent, c’est pourquoi les excuses s’échangent», a affirmé l’évêque.
Rappelons que le pape François s’est dit prêt à se rendre au Canada dans un geste de réconciliation avec les peuples autochtones.

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