«Demain soir sera grand»: que réserve Trump pour son discours au Congrès?

Photo MEGA/WENN

AFP

2025-03-03T14:08:52Z

Donald Trump prêchera mardi devant le Congrès sa vision pour les États-Unis et le monde, déjà bouleversés par un début de second mandat placé sous le signe de «l’Amérique d’abord» et d’une volonté d’étendre son assise sur l’appareil d’État.

Son discours, le premier au Congrès depuis son retour à la Maison-Blanche, se déroulera à 21h au Capitole de Washington, un peu plus d’un mois après son investiture sous le dôme du bâtiment, et quatre ans après l’assaut du 6 janvier 2021 lancé par ses partisans.

«Demain soir, ce sera grand», a lancé Donald Trump sur son compte de la plateforme Truth Social, lundi matin.

Face aux élus de la Chambre des représentants et du Sénat, le président républicain devrait évoquer les mesures prises lors de ses 43 premiers jours de mandat, mais surtout celles prévues pour les 1419 restants.

Le sénateur républicain Tommy Tuberville a dit s’attendre à ce que Donald Trump «souligne les victoires jusque là de son administration» et qu’il présente «son plan de jeu pour les quatre prochaines années».

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«Une chose est sûre», a lancé cet ancien entraîneur de football américain, ce discours «sera bien différent du cirque que nous avons dû subir ces quatre dernières années sous la présidence Biden».

Aller vite et fort

Démantèlement amorcé d’agences fédérales, limogeage sommaire de milliers de fonctionnaires, rétention de migrants clandestins sur la base de Guantanamo, hausse des droits de douane... Donald Trump a déjà démontré aux côtés de son allié Elon Musk qu’il voulait aller vite et fort, pour «rendre sa grandeur à l’Amérique».

Quitte à tester les limites constitutionnelles de son autorité présidentielle, et à fragiliser l’équilibre des pouvoirs.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission d’Isabelle Maréchal, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Quitte, aussi, à rudoyer les alliés des États-Unis, comme lorsqu’il promet d’annexer le Canada par la force économique si nécessaire, ou qu’il assure que l’Union européenne a été créée pour «entuber» son pays.

L’altercation de vendredi avec Volodymyr Zelensky dans le Bureau ovale, lors de laquelle le président américain a vertement tancé son homologue ukrainien et l’a menacé de «laisser tomber» Kyïv dans son combat contre l’invasion russe, n’est que la dernière illustration en date du changement de paradigme à la tête de la première puissance mondiale.

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Mardi, son discours se fera devant une audience en majorité acquise à sa cause.

Depuis les élections de novembre, les républicains contrôlent en effet le tiercé Maison-Blanche, Chambre des représentants, Sénat. Sans compter l’ancrage conservateur de la Cour suprême, dont trois juges ont été nommés par Donald Trump lors de son premier mandat.

Mainmise

«L’âge d’or de l’Amérique a commencé», avait écrit fin janvier le président républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson, dans une lettre d’invitation à Donald Trump pour prononcer ce discours et partager «sa vision de l’Amérique d’abord en ce qui concerne notre avenir législatif».

Malgré la volonté affichée par la Maison-Blanche d’étendre les prérogatives de l’exécutif, et d’empiéter donc sur le pouvoir législatif du Congrès, aucune voix dissonante ne s’est fait entendre jusque- là du côté des parlementaires de droite.

La mainmise de Donald Trump sur le Parti républicain n’a fait que s’accentuer depuis son retour victorieux en 2024, et peu aujourd’hui sont prêts à risquer de perdre leur siège en s’attirant l’inimitié du président et de sa base partisane.

Même si, selon une compilation de sondages réalisée par le média FiveThirtyEight, une petite majorité d’Américains disent avoir une opinion défavorable du président américain, sur fond de craintes d’une accélération de l’inflation.

Les démocrates peinent de leur côté à se faire entendre face au raz-de-marée médiatique et politique du milliardaire républicain. La nouvelle sénatrice du Michigan, Elissa Slotkin, tentera de remédier à la situation en partie, en apportant la traditionnelle réponse de l’opposition au discours du président.

Cette ancienne analyste de la CIA de 48 ans, décrite par le chef démocrate Chuck Schumer comme une «étoile montante» du parti, a dit dans un communiqué avoir hâte de «parler directement au peuple américain».

«De notre sécurité économique à notre sécurité nationale, nous devons établir un chemin vers l’avant qui améliore en réalité la vie des gens dans le pays que nous aimons tous», a-t-elle ajouté, sans mentionner Donald Trump.

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