Des amendes pour les restaurateurs contestataires, assure Québec
Jérôme Gagnon
Québec met en garde les deux restaurateurs de Saguenay qui ont l’intention de rouvrir leurs portes en zone rouge vendredi : « Leur message symbolique leur coûtera cher », a assuré mercredi la vice-première ministre Geneviève Guilbault.
« [...] On avait adopté un décret en vue de pouvoir donner des contraventions si jamais des propriétaires d’endroits qui doivent être fermés décident d’ouvrir, et de pouvoir aussi donner des contraventions à des gens qui fréquenteraient ces endroits-là malgré que c’est interdit », a indiqué en point de presse Mme Guilbault.
Le propriétaire du restaurant Temaki Sushi Bar, de Chicoutimi, initiateur du mouvement, a annoncé sur les réseaux sociaux mardi sa décision de rouvrir l’établissement vendredi pour lancer un message à Québec.
Depuis, un autre restaurant saguenéen, Pizza Maximum, s’est joint à cette initiative de désobéissance civile.
- Écoutez l'entrevue de Geneviève Pettersen avec Michaël Tremblay, chef propriétaire du Temaki Sushi Bar de Chicoutimi:
Une trentaine de réservations
Le propriétaire du Temaki, Michaël Tremblay, a indiqué au Journal qu’il ouvrira, qu’une trentaine de réservations sont déjà prévues pour vendredi et que ses clients connaissent bien les conséquences de leur geste.
Il s’agit d’un sacrifice nécessaire pour envoyer un message au gouvernement du Québec, juge le propriétaire.
« C’est juste pour en entendre parler. On n’entend personne en ce moment. Tout le monde mentionne dans l’industrie qu’ils meurent, mais personne ne se lève. Moi, je ne suis pas en train de mourir, mais je suis peut-être capable de me lever », a souligné le propriétaire du restaurant de Chicoutimi.
Les propriétaires Michaël Tremblay (Temaki) et Patrick Simard (Pizza Maximum) en ont assez que la Santé publique joue au yo-yo avec l’industrie de la restauration.
« On n’est pas révoltés contre la Santé publique, c’est plutôt un message symbolique pour faire bouger les choses », a spécifié Patrick Simard, qui compare leur situation à celle des propriétaires de gyms.
D’autres restos n’embarquent pas
Joints par Le Journal, plusieurs restaurateurs de Québec comprennent les motifs de leurs confrères, mais assurent qu’ils n’embarqueront pas dans la parade.
« Même s’il y avait un mouvement généralisé, je serais le mouton noir du groupe et je resterais fermé », a réagi le propriétaire du restaurant Le Galopin, Sylvain Boudreau.
L’Association des restaurateurs du Québec (ARQ) n’endosse également pas les gestes de désobéissance civile des deux restaurateurs.
Elle ne recommandera à aucun membre de l’industrie de les suivre.
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