Des athlètes plus grands que nature

Photo portrait de Joseph Facal

Joseph Facal

2021-02-08T10:00:00Z
2021-02-08T16:19:35Z

Ces résultats n’ont rien d’étonnant. Ils sont révélateurs de qui sont les Québécois et de comment fonctionne l’esprit humain. Je m’explique. 

D’abord, cinq des sept premiers rangs sont occupés par des joueurs de hockey, ce qui montre la profondeur des racines de ce sport chez nous.

Ensuite, les trois premiers rangs sont détenus par des individus qui ne sont plus seulement des sportifs, mais sont devenus des mythes, y compris un Guy Lafleur toujours vivant.

Or, le personnage mythique n’est pas un simple mortel comme vous et moi. Il est une sorte de demi-dieu, de surhumain. 

Ça ne veut pas dire que le personnage mythique est sans défauts. Icare manque de modestie. C’est pour cela que les dieux le punissent en faisant fondre ses ailes quand il s’approche trop du soleil.

Mais le personnage mythique a quelque chose de magique, de surnaturel. 

Ce n’est pas un hasard non plus si les trois premiers au classement – Richard, Lafleur et Béliveau – ont cessé de jouer il y a longtemps. 

Le temps efface les détails pour ne laisser que l’essence. Quand le personnage est aimé, on ne retient que les qualités. 

Leur renommée en dit long aussi sur notre nostalgie. Richard, Lafleur et Béliveau renvoient à une époque où le Canadien dominait et où l’on pouvait dire qu’il y avait au moins une chose dans laquelle les Québécois étaient les meilleurs au monde.

Laurent Duvernay-Tardif, au 4e rang, marque des points sur tous les tableaux.

Il jouit de l’hypermédiatisation de notre époque. Il est le petit gars de chez nous qui s’est imposé aux États-Unis. C’est un pionnier puisqu’il est le premier Québécois à remporter le Super Bowl. 

Il a un cerveau en plus de ses muscles. Il est instruit, gentil, approchable et a un métier prestigieux. Et on ne l’a pas vu décliner sous nos yeux. Le gendre parfait. Quoi de plus ?

Publicité