Vendredi fou: des attentes pas très élevées chez les détaillants


Diane Tremblay
Bien que le Vendredi fou soit la journée de magasinage la plus achalandée de l’année, les détaillants ne se berçaient pas d’illusions dans le contexte de la COVID-19.
«Les attentes sont très faibles parce que la population en général a des inquiétudes. Les gens ont moins le désir d’aller dans des endroits publics, surtout avec les annonces faites dernièrement par le gouvernement qui disait de ne pas aller magasiner dans les centres d’achat», a partagé Éric Chatila, PDG de la chaîne québécoise Pentagone, qui compte 46 boutiques.
Selon lui, le début de l’année risque d’être encore plus difficile pour les détaillants, déjà que plusieurs grands noms ont abandonné ou sont en sérieuses difficultés.
«Les mois de novembre et décembre 2020 vont être déterminants pour la suite pour plusieurs chaînes. [...] Il y en a qui vont devoir demander la clémence de leurs créanciers parce que la grosse saison d’automne n’aura pas l’effet escompté pour amener les liquidités pour passer à travers janvier, février et mars.»
Un vendredi moins rose
Pour François Roberge, PDG de la bannière La Vie en Rose, les ventes en baisse de 33 % par rapport à l’an dernier, hier à 17 h, laissaient un arrière-goût amer.
«Habituellement, ces journées-là sont les plus grosses de l’année pour nous. Cette année, cela ne sera pas le cas», a-t-il soupiré en entrevue au Journal.
«C’est une année assez stressante», a-t-il confié, en laissant tomber qu’il s’agissait de la période la plus difficile de sa carrière.
La cohue évitée
Même si leurs ventes ont piqué du nez cette année, les détaillants estiment avoir passé le test du premier ministre François Legault en évitant la cohue des grandes foules du Vendredi fou.
«Ce que je remarque, c’est que les gens ne niaisent pas. Ils ne viennent pas juste pour regarder, ils achètent. Et ça, c’est quand même quelque chose de différent par rapport à d’habitude», a lancé pour sa part Mona, gérante de la bijouterie Arabella, au Carrefour Laval.
— Avec la collaboration de Clara Loiseau, Martin Jolicoeur, Francis Halin et Jean-Michel Genois Gagnon