Des bricoleurs fabriquent des obstacles anti chars

Agence France-Presse

2022-03-03T22:13:22Z

Quelques tutoriels trouvés sur Internet, des rails datant de l'Empire austro-hongrois récupérés à droite à gauche et voilà comment Tarass, Vitali et leur bande se sont mis à fabriquer des obstacles anti chars pour aider l'armée ukrainienne.

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Dans l'allée de la maison de Tarass Filiptchak, en banlieue de Lviv, une dizaine de «hérissons tchèques» (les obstacles anti chars) , d'environ 100 kg chacun attendent d'être récupérés par des soldats.

Ils les expédieront partout en Ukraine; certains ont été envoyés à Kyïv et d'autres, à Poltava. Tarass ne garde pas le compte exact, mais il estime que sa petite bande a fabriqué plus d'une soixantaine de «hérissons» depuis le début de l’attaque de la Russie contre l'Ukraine, le 24 février.

«Le premier jour, mon frère est venu me voir et m'a dit: ''Écoute, il y a un besoin d'obstacles anti chars''», explique Tarass. 

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Le trentenaire a récupéré un peu de matériel sur son chantier puis a publié des annonces sur Facebook et Instagram. «Des amis, des connaissances, même des gens qu'on ne connait pas sont venus leur apporter le nécessaire ou donner un coup de main», explique-t-il.

Ils sont désormais une vingtaine au total, dont dix réguliers, à participer à la fabrication des hérissons. «On ne pouvait pas s'imaginer qu'on ferait ça un jour. On est des gens pacifiques, des humanistes», dit l’un d’entre eux.

Si ce fabricant de meubles a l'habitude de manier le métal, concevoir ses premiers obstacles n'a pas été facile: «On a été sur Wikipédia, regardé d'où ça venait et on a commencé à faire pareil»

Au fond de l'allée, quelques hommes sont occupés à souder les imposantes pièces de métal entre elles. Dans le garage encombré d'objets, un autre façonne des obstacles plus petits en soudant ensemble de minuscules bouts de métal.

«Regardez! 1914, dit Vitali Bodnar. C'est l'année de fabrication des rails qu’on a récupérés. Elles viennent d'Autriche», poursuit-il.

Les rails proviennent de Györ, ville aujourd'hui hongroise, comme l'indique la mention gravée sur les rails. «Tout le monde a ça chez lui par ici», reprend Vitali.

Ce développeur informatique considère cette activité comme sa participation à l'effort de guerre.

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«On veut être un pays totalement indépendant, ou dans l'Union européenne. Personne ne veut voir ce pays intégré la Russie», explique Vitali.

Il affirme ne pas pouvoir imaginer la défaite de son pays face aux troupes russes. 

Vitali exprime son désir de voir les frontières de son pays s'ouvrir après la guerre pour voyager plus librement. 

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