Des «écoles» juives ouvertes à Montréal
L’enseignement doit se faire à distance jusqu’au 11 janvier


Erika Aubin
Des jeunes fréquentent encore des écoles, officielles ou non, au sein de la communauté juive ultra-orthodoxe d’Outremont, malgré la fermeture des établissements scolaires en raison de la pandémie.
Des adolescents, la plupart sans masque, qui entrent par dizaines et des enfants d’âge primaire qui arrivent par autobus scolaires...
C’est ce que Le Journal a pu observer lundi devant l’École communautaire Skver, sur l’avenue Outremont, à Montréal.
Au même moment, des jeunes arrivaient en groupe sans distanciation sociale à l’Académie Beth Esther, sur l’avenue Van Horne.
Cet établissement n’est pas reconnu par le ministère de l’Éducation.
« L’enseignement à distance n’est pas réalisable, car la communauté n’a pas internet », fait notamment valoir comme explication Alain Picard, conseiller en communication pour les communautés ultra-orthodoxes.

Pas d’internet à la maison
« Les adultes ont des cellulaires, mais ils n’ont pas vraiment d’ordinateur ou internet à la maison. Ce sont des traditions religieuses », précise-t-il.
Le ministère de l’Éducation confirme que si internet est inaccessible à certains élèves, « ceux-ci pourraient exceptionnellement se rendre dans les établissements afin de profiter du réseau internet pour l’enseignement à distance. »
La Direction de santé publique de Montréal a informé le ministère du possible non-respect des consignes sanitaires dans certaines écoles de [la] communauté, souligne-t-on.
Le ministère de la Sécurité publique est aussi au courant de la situation jugée « inacceptable ».
« Nous avons sensibilisé le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) à cette problématique. Ce sont eux qui doivent décider de la façon de procéder », dit Jean-François Del Torchio, directeur des communications de la ministre Geneviève Guilbault.
Le SPVM a reçu des plaintes de citoyens et est intervenu à l’école Skver, le 25 décembre.
Un rapport d’infraction général a été rédigé au responsable de l’établissement et sera soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales, précise l’agent Jean-Pierre Brabant.
Mécontentement
Des résidents d’Outremont ont exprimé, sous le couvert de l’anonymat, leur mécontentement face à la situation.
« C’est la même chose chaque matin, a dit un citoyen en regardant des enfants entrer dans l’Académie Beth Esther alors qu’il promenait son chien, lundi. Pendant ce temps, mes enfants sont à la maison, privés d’enseignement. »