Des élèves épuisées qui ont besoin de leur semaine de relâche

Photo d'archives, Agence QMI

Nous sommes quatre élèves finissantes du secondaire à l’École Joseph-Hermas Leclerc, à Granby, dans le programme chimie, physique et mathématiques sciences naturelles. Nous avons pris le temps d’écrire cette lettre en réponse à l’article que M. Antoine Robitaille a écrit dans Le Journal de Québec et dans Le Journal de Montréal, donnant des arguments en faveur de l’annulation de la semaine de relâche.

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Nous avons lu votre article en portant une attention particulière à vos arguments pour annuler la semaine de relâche pour l’année 2021, et, malgré vos explications sensées, nous aimerions vous présenter notre avis en tant que jeunes étudiantes.  

Retard dans les études  

D’après votre article sur la semaine de relâche, vous affirmez qu’elle crée du retard au niveau des études pour les jeunes. C’est depuis le 13 mars que nous accumulons du retard académique. Nous avons dû reprendre trois mois de recul depuis le début de notre 5e secondaire, et les adultes croient bon de sans cesse nous rappeler que nous avons eu assez de congés !

Premièrement, avez-vous réfléchi à la quantité de fatigue que nous éprouvons ? Manifestement, vous n’avez pas idée du nombre de devoirs, d’étude et d’examens pour lesquels nous avons dû fournir une quantité énorme d’efforts depuis le début de cette année scolaire particulière. Ensuite, avant de trouver des arguments pour bannir notre congé bien mérité, avez-vous questionné des élèves qui vivent cette situation ? Peut-être que non, car peu d’entre eux sont en faveur de supprimer une semaine complète de repos.  

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Santé mentale  

De plus, les élèves ont besoin d’une pause pour prendre soin d’eux. D’après une étude réalisée par l’UQAM, en 33 jours de confinement, 22,6 % des enfants disaient éprouver des symptômes dépressifs et 18,9 % rapportaient des symptômes d’anxiété. Imaginez le décuplement de ces statistiques après plus de dix mois. En prenant une pause, les élèves pourront relâcher, profiter de l’extérieur et se reposer pour revenir en force afin de terminer l’année scolaire.  

Prioriser certaines matières 

Comme vous l’avez cité, à cause de la suspension de nos cours en mars et la perte de plusieurs précieuses semaines d’apprentissage, nous allons éventuellement devoir prioriser certaines matières. Nous sommes conscientes que cette réalité s’applique seulement aux élèves des niveaux plus élevés, mais cette décision doit-elle influencer nos congés ? 

Écoutez-nous ! 

Voici quelques raisons qui devraient vous encourager à réviser votre opinion pour le maintien de la semaine de relâche. Ce n’est pas en l’enlevant que les cas de COVID-19 vont diminuer. C’est en fermant les frontières aériennes pour les voyages non essentiels, en nous laissant nous reposer chez nous en toute sécurité et en continuant d’encourager les travailleurs essentiels qui sauvent le Québec chaque jour. 

Cette pause est aussi nécessaire pour nos professeurs qui travaillent sans arrêt devant des écrans sans pouvoir aider les élèves comme ils le souhaitent. Nous avons des solutions, prenez-les en compte. 

Photo courtoisie
Photo courtoisie

Laurence Verville, Jaëlle Laroche, Shahin Rasuly et Ellie Ann Racine-Collin, finissantes du secondaire à l’École Joseph-Hermas Leclerc de Granby

RÉPONSE D’ANTOINE ROBITAILLE

« Merci, chères élèves, pour cette réponse polie. Je vous emprunterais même un adjectif, “sensé”, pour qualifier vos arguments.

Une précision : je n’ai pas écrit que la semaine de relâche “crée du retard”. J’ai simplement soumis l’idée qu’elle représentait une petite réserve de temps pouvant être consacré à rattraper un peu de l’énorme retard “pandémique” accumulé.

Bien sûr, certains élèves comme vous ont beaucoup travaillé. Mais d’autres, selon des courriels de parents et de jeunes (qu’il faut aussi écouter), ont perdu beaucoup de temps et de motivation à la maison.

Ceux-là préféreraient ne pas “relâcher” et passer du temps à l’école plutôt que chez eux ou sur les réseaux sociaux. Après tout, il n’y a pas grand-chose à faire, tout ou presque étant fermé.

Enfin, rassurez-vous, le gouvernement a rejeté la proposition d’annuler la relâche, malgré les nombreux appuis, y compris de l’inventeur même du concept, Fernand Paradis !

Bonne semaine et bon repos à vous. Et continuez à lire nos chroniques et à nous écrire. »

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