«Face-à-face 2021»: des enjeux encore laissés en suspens

AFP

Audrey Sanikopoulos

2021-09-03T04:25:22Z

Revenant sur différents points évoqués pendant le premier débat électoral en français, certains chefs fédéraux ont accusé leurs opposants de ne pas avoir encore clarifié leur position.

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Les dirigeants se sont d’abord tous dits satisfaits d’avoir pu présenter directement leur programme aux Québécois quelques minutes après leur joute de deux heures.

«Je trouve que l'exercice est extrêmement pertinent et m’a permis de parler de façon franche, directe, sans langue de bois, sans compromis, sans réponse apprise par cœur», a affirmé le chef bloquiste Yves-François Blanchet lors de son arrivée au point de presse après débat.

«C’était excellent pour moi d'avoir un débat sur les enjeux importants pour les Québécois», a indiqué le conservateur Erin O’Toole.

Interrogé sur plusieurs points évoqués pendant l’affrontement, comme le transfert aux garderies, les transferts en santé ou encore la laïcité, M. O’Toole a pour sa part réitéré qu’il allait «travailler en collaboration avec le gouvernement Legault» pour exercer un «fédéralisme de partenariat».

«Dans mes premiers 100 jours comme premier ministre, je vais avoir une rencontre avec les autres premiers ministres sur les enjeux importants: l’économie, la santé, les garderies. Et on va coordonner notre approche [pour] aider toutes les familles québécoises parce qu’on a une crise du coût de la vie maintenant», a-t-il souligné.

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Une position qui a été particulièrement critiquée par le chef libéral Justin Trudeau, qui a affirmé en point de presse qu’il «y a vraiment des enjeux auxquels les conservateurs ne veulent pas répondre ou ne peuvent pas répondre».

En ce qui concerne la vaccination des candidats conservateurs, un point sur lequel M. O’Toole a été attaqué par le premier ministre sortant, le dirigeant du Parti conservateur du Canada a soutenu que des tests de dépistage quotidiens sont imposés en lieu et place de la vaccination.

«C’est important d’encourager et d’éduquer les Québécois et les Canadiens à se faire vacciner», a-t-il rappelé.

Un mandat majoritaire ou minoritaire?

Confronté dès les premières minutes du débat au sujet du déclenchement hâtif des élections pour avoir un gouvernement majoritaire, Justin Trudeau a une fois de plus soutenu que les Canadiens doivent prendre une décision maintenant, «dans les mois à venir».

Un choix qui a été critiqué par le chef néodémocrate Jagmeet Singh, notamment sur la question de la tenue de nouvelles élections dans 18 mois.

«Je pense qu’il ne veut pas travailler ensemble parce que pendant cette pandémie, nous avons forcé M. Trudeau à livrer plus d’aide à plus de gens. [...] Dans toutes ses décisions, il a démontré comment il protège les ultra-riches. Donc peut-être qu’il a peur que dans un gouvernement avec les Néo-Démocrates, on va toujours faire ce qu’on a dit», a-t-il déclaré.

Le chef bloquiste a également profité de son point de presse pour rappeler l’importance d’un gouvernement minoritaire à Ottawa pour les prochains mois.

«Dans un gouvernement minoritaire, on doit comprendre que les compromis auxquels les Libéraux et même les Conservateurs dans l’opposition ont été obligés de se plier», a mentionné M. Blanchet.

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