Des enseignants manifestent pour le télétravail

Des membres du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska (SEHY) se sont rassemblés devant l’école primaire des Bâtisseurs de Granby, vers 7h, le mercredi 9 décembre 2020, pour réclamer la possibilité de travailler à la maison.

Photo / Frédéric Marcoux
Des membres du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska (SEHY) se sont rassemblés devant l’école primaire des Bâtisseurs de Granby, vers 7h, le mercredi 9 décembre 2020, pour réclamer la possibilité de travailler à la maison. Photo / Frédéric Marcoux Photo Frédéric Marcoux

Frédéric Marcoux

2020-12-09T12:52:41Z
2020-12-09T14:49:16Z

Des enseignants ont manifesté mercredi matin devant une école primaire de Granby pour dénoncer le comportement de leur employeur, qui refuse, selon eux, de permettre le télétravail, malgré les directives de la Santé publique.

Inquiets de la hausse des cas de COVID-19, une cinquantaine de manifestants du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska (SEHY) se sont rassemblés devant l’école primaire des Bâtisseurs de Granby, en respectant les consignes sanitaires.

Ils ont réclamé davantage de souplesse de la part du Centre de services scolaire du Val-des-Cerfs (CSSVDC) dans l’exercice de leur fonction, en contexte de pandémie.

Les enseignants souhaitent notamment pouvoir faire du télétravail dans le cadre de formations données lors des journées pédagogiques.

«On sent que c’est un besoin d’avoir plus de latitude, a dit la présidente du Syndicat, Alina Laverrière. Certains profs doivent rentrer au travail et faire des rencontres de personnel dans le gymnase. Ça ne se fait pas! C’est un des meilleurs moyens de propager le virus. Certaines rencontres pourraient très bien se faire virtuellement avec l’application Teams.»

Mme Laverrière a ajouté que, «depuis septembre, on dit que ce serait une bonne option. Ça se fait dans d’autres centres de services scolaires, mais ici, apparemment, on ne nous fait pas confiance».

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«Trip de pouvoir»

Plusieurs manifestants déplorent le comportement de leur employeur. Ils dénoncent un manque de cohérence qualifié de «trip de pouvoir» par Chantal Beauchemin, une enseignante de Granby.

«Faire du télétravail dans le contexte actuel, ça va de soi, a soutenu cette dernière. Je ne comprends pas leur motivation de s’y opposer. Parfois, on doit se rassembler au travail pour recevoir une formation qui s’offre virtuellement par le centre de services scolaire. Je considère qu’on pourrait être à la maison nous aussi. Ce qui est bon pour minou peut être aussi bon pour pitou.»

Les enseignants ont aussi insisté sur le fait que l’autonomie professionnelle n’est pas un privilège. C’est un droit essentiel pour leur permettre d'accomplir leur tâche au meilleur de leur capacité, selon eux.

«Les enseignants, on tient le fort, a fait remarquer Joël Mailloux. On travaille de tout notre cœur. La commission scolaire n’a pas encore confiance en notre professionnalisme et en notre engagement pour nous laisser travailler depuis l’endroit le plus logique selon nous. On nous confie des enfants, mais on n’est pas encore assez dignes pour travailler de la maison en contexte de pandémie, en mode 2.0. On est des profs 2.0 contre un employeur 0.0. La bêtise est d’une évidence crasse. On va nous infantiliser jusqu’à quel point?»

Rappelons que le premier ministre du Québec, François Legault, a récemment invité les employeurs à encourager le télétravail pour le temps des Fêtes. Devant l’augmentation du nombre d’hospitalisations reliées à la COVID-19, il n’exclut pas la possibilité de mettre à nouveau le Québec sur pause.

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