Fête sauvage en France: le son coupé, des fêtards quittent les lieux

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2021-01-02T09:23:56Z
2021-01-02T12:47:05Z

Plus de son et des voitures quittant les lieux: le rave party sauvage qui se tenait depuis jeudi soir avec environ 2500 personnes dans l’ouest de la France pour fêter le Nouvel An, malgré la menace d’une nouvelle flambée de COVID-19 dans ce pays, a pris fin samedi matin.

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Dans la nuit de vendredi à samedi, le son de la techno qui retentissait depuis jeudi soir dans deux hangars transformés en boîte de nuit sauvage à Lieuron [au sud de la ville de Rennes] s’est tu. 

«À 10 h 15 ce 2 janvier, le site est sous contrôle des forces de l’ordre. Plus de 800 verbalisations effectuées», a tweeté la préfecture. Les verbalisations ont notamment été dressées pour «non-respect du couvre-feu, non-port du masque et participation illicite à un rassemblement».

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Cette fête s’est tenue alors que la France avait décrété un réveillon du 31 décembre sous couvre-feu, dans un contexte de menace d’une nouvelle flambée de COVID-19. Les participants venaient de France, mais aussi de l’étranger.

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Au petit matin, dès 5 h 30, selon la préfecture d’Ille-et-Vilaine, les premiers fêtards ont commencé à quitter les lieux.

Les forces de l’ordre, positionnées depuis jeudi soir sur les axes d’accès au site, procédaient au contrôle systématique de tous ceux qui sortaient du périmètre, à pied ou en voiture, a constaté un photographe de l’AFP. 

Les personnes contrôlées étaient notamment interrogées sur la prise de stupéfiants, et l’on vérifiait leur sensibilité oculaire à l’aide d’une lampe.

«Les forces de sécurité intérieure — nombreuses cette nuit à ma demande — et les contrôles intensifs mis en place conduisent à l’arrêt de la rave party illégale à #Lieuron sans violence. Nous poursuivons les contrôles et la verbalisation de chaque participant dès son départ du site», a tweeté plus tôt samedi matin le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin.

Le son a été coupé sur place dans la nuit et au moins un mur de son a été démonté, selon la préfecture du département d’Ille-et-Vilaine. La fête se déroulait dans deux hangars désaffectés, avec deux ambiances différentes à disposition des fêtards.

Renforts de gendarmerie sur place

Selon la préfecture, la Protection civile et Techno+ (association qui intervient pour la prévention des risques lors des raves) évaluent à «quelques centaines» le nombre de fêtards toujours sur place samedi matin, mais aucun chiffre consolidé n’était disponible.

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Environ la moitié du stationnement où s’étaient garés les fêtards était vide, a constaté un photographe de l’AFP.

Gérald Darmanin avait convoqué vendredi soir à Paris une réunion sur ce rave avec le préfet et des membres du cabinet, afin de parvenir «au rétablissement d’une situation normale», avait-il écrit sur son compte Twitter.

Des renforts de gendarmerie continuaient à arriver sur place samedi matin, a constaté un photographe de l’AFP, resserrant peu à peu et dans le calme le dispositif autour du lieu de la fête.

Jeudi soir, les gendarmes avaient tenté en vain «d’empêcher cette installation et ont fait face à la violente hostilité de nombreux teufeurs», avait expliqué la préfecture vendredi.

Lors de ces affrontements, «un véhicule de la gendarmerie a été incendié, trois autres dégradés et les militaires ont essuyé des jets de bouteilles et de pierres, occasionnant des blessures légères», selon cette même source.

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Faute de pouvoir empêcher la tenue de cette fête sauvage, la préfecture avait déployé les gendarmes aux abords du site. Des secouristes étaient venus sur place pour distribuer du gel et des masques, «afin de limiter les risques de propagation du virus au sein du rassemblement» interdit par arrêté préfectoral.

Cette fête sauvage a eu lieu alors que la France est sous la menace d’une nouvelle flambée de l’épidémie du nouveau coronavirus que les autorités tentent d’empêcher avec un couvre-feu renforcé ce week-end dans 15 départements.

Le nombre de contaminations se situait vendredi à nouveau aux alentours de 20 000 en 24 h, selon Santé Publique France, qui fait état de 133 nouveaux décès, portant le total à près de 64 800.

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