Drones de combat: des forces spéciales américaines sur le terrain?

TVA Nouvelles

2022-03-17T17:39:16Z

Le président américain Joe Biden a annoncé mercredi qu’il enverrait 800 systèmes de défense antiaérienne «Stinger», 9000 systèmes antichars, environ 7000 armes légères, 20 millions de munitions et 100 drones en Ukraine, afin de soutenir le pays envahi par la Russie.  

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Si l’utilisation de Stinger ou de Javelin est relativement facile et répandue, même chez certains civils, l’utilisation de drones est beaucoup plus complexe et requiert un entraînement plus poussé.

«Je ne serais pas surpris de voir des forces spéciales américaines diriger ces systèmes-là. Ça prend des gens qui sont compétents. Ça prend une formation de deux semaines, un mois peut-être, c’est plus complexe», explique, en entrevue avec Mario Dumont, l'ancien officier de renseignement militaire Simon Leduc. 

Les drones de combat (en anglais UCAV: unmanned combat air vehicle) ont été développés contre les talibans en Afghanistan pour soutenir les troupes au sol. Ils font un travail similaire à celui des missiles antichars, avec une plus grande portée, mais moins de vitesse. 

«La première version de l'UCAV a une portée de 10 km; l’autre version, plus lourde, a une portée d’environ 40 km. Ça permet à une personne d’être plus loin, de faire une frappe précise, contrôlée, avec un téléphone intelligent. Et ça ne coûte pas cher: quelques dizaines de milliers de dollars», explique M. Leduc. 

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Néanmoins, l’utilisation de drones requiert un entraînement et une formation beaucoup plus poussés que pour l’utilisation de missiles portables. 

«C’est facile, utiliser un missile Stinger ou Javelin, c’est fire and forget. Tu pointes et c’est parti. Là, on parle d’envoyer un drone, de contrôler un drone dans les airs, le cibler. Ça demande un petit peu plus de formation», soutient M. Leduc. 

Par ailleurs, l’envoi d’armes dans un pays en guerre demeure une pratique toujours risquée, soutient l’expert. 

«Il faut faire attention quand on envoie des armes, parce qu’on peut les perdre.»

Déjà, des vidéos ont montré que les Russes avaient saisi des armes américaines. 

«J’ai vu des Javelin, je n’ai pas vu de Stinger, mais sûrement qu’ils en ont saisi. Ça peut se revirer contre les Ukrainiens», avertit le spécialiste. 

  • Écoutez l'entrevue avec Francis Langlois, membre de l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire de recherche Raoul-Dandurand et professeur au Cégep de Trois-Rivières sur QUB radio :  

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