Fin des tests PCR pour les Canadiens: des habitants se réjouissent, mais des experts s'inquiètent

Faith Gower
Faith Gower Photo Camille Payant

Camille Payant | Journal de Montréal

2021-11-30T23:20:59Z

Les tests PCR ne sont désormais plus obligatoires pour les Canadiens revenant d’un séjour de moins de 72 heures aux États-Unis, une mesure qui réjouit les habitants près de la frontière mais qui inquiète les experts avec l’arrivée du variant Omicron.  

« C’est vraiment un soulagement. On a des amis et de la famille [aux États-Unis] », témoigne Faith Gower, propriétaire de Variétés Hemmingford, un commerce de la Montérégie qui se trouve à 5 kilomètres de la frontière canado-américaine. 

La résidente d’Hemmingford, qui traversait fréquemment la frontière avant la pandémie, a vu sa relation avec les villages voisins changer dans les derniers mois. « Depuis la COVID, c’est comme si on vit au début du monde. C’est un monde inconnu en arrière, on n’a pas le droit d’aller là », relate-t-elle. 

Depuis mardi, les Canadiens entièrement vaccinés qui visitent les États-Unis par voie terrestre ou aérienne n’ont plus à présenter de test PCR à leur retour au pays. 

Mais malgré cet assouplissement, Mme Gower ne compte pas traverser la frontière de sitôt. « À cause du [variant Omicron], je n’irai pas tout de suite. Il faut faire attention encore », soutient l’entrepreneure. 

Un variant encore inconnu

Le Canada a répertorié deux cas liés au variant Omicron jusqu’à présent. Les États-Unis, aucun. 

Le relâchement des mesures aux frontières prévu par Ottawa était logique il y a quelques jours, mais l’est de moins en moins, soutient le virologue Benoit Barbeau.

« Étant donné que le variant Omicron a circulé à travers la planète, il faudrait imposer une fois de plus le test PCR peu importe la durée de notre séjour à l’extérieur », indique le professeur au département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal. 

« En ce moment, la prudence est de mise. À l’image de ce qu’on entend à l’extérieur du pays, il faudrait commencer à resserrer la vis », précise M. Barbeau.

L’un des principaux problèmes avec ce nouveau variant est qu’il pourrait voyager même chez les gens vaccinés.

« Je pense qu’on ne sera pas capable d’empêcher le virus de venir ici. Ces mesures aux frontières sont en partie symboliques. Il y des choses qui sont encore plus utiles, comme la protection individuelle et une meilleure vaccination [avec une troisième dose] », affirme pour sa part l’immunologiste à l’Institut de recherches cliniques de Montréal André Veillette.

Publicité