[EN IMAGES] Des milliers de personnes marchent contre la violence conjugale à Montréal
Une vingtaine de manifestations ont actuellement lieu au Québec


Guillaume Cyr
Des centaines de personnes marchent dans les rues de Montréal cet après-midi pour dénoncer la violence conjugale, alors qu'un huitième féminicide cette année a été rapporté au Québec.

«On est tannés qu’il y ait autant de féminicides. On souhaite aussi dire aux femmes victimes de violence conjugale qu’on marche en solidarité avec elles. Il y a plein de femmes qui sont actuellement dans leur domicile et qui sont aux prises avec la violence», a rappelé Chantal Arseneault, présidente du Regroupement des maisons pour les femmes victimes de violence conjugale.
Les organisatrices de la marche demandaient également plus de soutien du gouvernement Legault. «Il faut offrir plus de services. Chaque fois qu’une femme demande de l’aide, il faut s’assurer qu’elle va en obtenir à ce moment», a revendiqué Mme Arseneault.


«Ça suffit! C'est assez! Pas une de plus!» ont lancé les manifestants avant d'entamer la marche.
Une vingtaine de rassemblements ont lieu partout au Québec aujourd'hui.
Action citoyenne contre les féminicides et la violence conjugale. Depuis le début de la pandémie, treize féminicides liés à la violence conjugale ont eu lieu au Québec, dont huit dans les dernières semaines. #CestAssez #PasUneDePlus #polqc #pocan pic.twitter.com/I2sFmbkX7A
— Comité populaire Saint-Jean-Baptiste (@CompopSJB) April 2, 2021
Voici quelques témoignages recueillis lors de la marche à Montréal:
Ingrid Falaise, comédienne

«Ça suffit, c'est assez. Derrière chacune de ces femmes tuées, plusieurs vivent dans une peur quotidienne», a-t-elle lancé avant le début de la marche, rappelant le sombre bilan des dernières semaines.
Viviane Michel, de l'organisme Femmes autochtones du Québec (FAQ)

Devant les marcheurs rassemblés au parc La Fontaine, à Montréal, Viviane Michel, de l’organisme Femmes autochtones du Québec, a rappelé l’importance d’«éduquer nos garçons dès le plus jeune âge» afin de prévenir la violence conjugale.
«J'ai une grande pensée pour mes sœurs inuites, a-t-elle dit. La violence est inacceptable sous toutes ses formes.»
«La violence conjugale, il faut la prendre au sérieux. C'est ici et maintenant, pas dans cinq ans», a-t-elle insisté.
Farlene Thelisdort, intervenante psychosociale

La pandémie pourrait avoir exacerbé la violence conjugale au Québec, selon une intervenante psychosociale rencontrée pendant la marche.
«Avec la pandémie, les conjoints [violents] utilisent de nouvelles stratégies», a expliqué Farlene Thelisdort, qui travaille dans une maison d'hébergement pour femmes.
En raison du télétravail, qui garde les hommes violents à la maison et qui accentue leur contrôle sur leur victime, certaines femmes doivent prétexter une marche ou une visite à l’épicerie pour échapper à leur conjoint violent.
Chantale Thibeault, manifestante

«Je me bats depuis 1990 contre les féminicides. Le meurtre d'une femme est un meurtre de trop», a-t-elle dit.
Des personnalités présentes
Plusieurs personnalités politiques se sont mobilisées pour l'occasion, dont la mairesse de Montréal Valérie Plante et la co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé et la députée péquiste Véronique Hyvon.
8 féminicides au Québec depuis le début de l’année, c'est 8 de trop. L'objectif, ça devrait être féminicide zéro.
— Manon Massé (@ManonMasse_Qs) April 2, 2021
Je suis fâchée, les femmes qui marchent aujourd'hui ont raison de l'être elles aussi.#PasUneDePlus#polqc #assnat pic.twitter.com/LaFyHM8zwB
Aujourd'hui, nous sommes des milliers à marcher pour dénoncer la violence conjugale faite aux femmes. Cette violence s'oppose à la décence la plus élémentaire et doit être enrayée. 8 femmes tuées en 8 semaines. C'est un non-sens. Pour elles, nous devons agir. #polmtl pic.twitter.com/8K1ut1JMEC
— Valérie Plante (@Val_Plante) April 2, 2021
Avec @ingridfalaise, l’extraordinaire organisatrice de la marche #PasUneDePlus. Toutes et tous unies (aujourd’hui, on conjugue au féminin!) pour faire reculer ce fléau, pour demander que ça bouge. Après les belles paroles, on veut des belles actions, on veut les bonnes actions. pic.twitter.com/rX12XdXPRB
— Véronique Hivon (@vhivon) April 2, 2021