Des promeneurs pour assurer la sécurité des jeunes
Félix Lacerte-Gauthier | Agence QMI
Dès le début de la pandémie, des intervenants jeunesse des YMCA du Québec ont mis en place leur projet de «Promeneurs du net», à travers lequel une douzaine d’intervenants agissent en ligne pour guider les jeunes, là où ils sont maintenant.
Les «promeneurs» doivent également suivre des formations sur les spécificités de l’intervention en ligne, et ont une charte à respecter.
«L’idée est de créer un espace numérique sécuritaire pour les adolescents, pour les guider dans cet espace-là, et notamment pour le développement de leur esprit critique»,a partagé Noémie Roche, directrice des Zones Jeunesse pour les Les YMCA du Québec.
La COVID-19 a forcé les jeunes à déplacer leurs activités sur le Web, l'organisme s'est adapté afin de suivre leur clientèle.
«Ce qu’on a vu comme effet, c’est que ça permet de développer des échanges un peu plus individualisés. On a vu beaucoup de jeunes qui allaient chercher du soutien individuel auprès de leur intervenant. Beaucoup plus que quand on était ouvert en présentiel», a noté Mme Roche.Les intervenants disposent de compte sur les réseaux sociaux, dont Instagram, particulièrement prisé des jeunes, les identifiant facilement comme des intervenants des YMCA.
«On continue des relations avec des jeunes qu’on a déjà dans notre milieu de travail. Mais surtout, on encourage le plus de jeunes à s’abonner à notre compte pour qu’on puisse garder un lien avec eux. Ça peut être des jeunes que je n’ai jamais rencontrés», a expliqué Charlotte Bielitzki, l’une des promeneuses des YMCA.
Patrouiller les publications des jeunes
Sur le Net, elle patrouille en regardant les publications des jeunes, ce qu’ils partagent, de même que ce qu’ils commentent.
«Si je vois des choses qui sont non appropriées, c’est là que je vais rentrer en intervention privée avec le jeune. Je vais aller le sensibiliser sur différents sujets», a résumé Mme Bielitzki.
Le format Web incite également davantage de jeunes à se présenter de leur propre initiative pour demander des conseils, ce qu’ils n’osaient pas toujours faire en personne.
Mme Bielitzki remarque également que les adolescents sont plutôt réceptifs. «On ne vient pas pour leur faire une leçon de morale et leur dire que ce qu’ils font est mal. Je prends un autre chemin pour le leur faire comprendre, en étant dans la discussion et en répondant à leurs questions», a-t-elle souligné.
Selon les constatations des YMCA, la présence en ligne incite également davantage les filles à participer aux échanges, alors qu’elles étaient moins présentes dans les locaux, en présentiel. D’autres y ont également accès, alors qu’ils n’avaient pas forcément les moyens de se déplacer à travers la ville pour se rendre dans les différents locaux de l’organisme.
«En 2021, le Web, c’est la nouvelle rue pour beaucoup de jeunes», a constaté Mme Bielitzki.