Comité de travail sur le vaccin: des questions éthiques soulevées

Photo AFP

Agence QMI

2021-02-21T00:54:48Z

Des acteurs du milieu scientifique accusent de conflit d’intérêts le groupe de travail qui avait la tâche de conseiller le gouvernement fédéral sur l’achat de vaccins. Deux personnes qui y ont siégé sont liées aux pharmaceutiques GSK et Sanofi, à qui on a commandé 72 millions de doses à l’automne. 

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Le National Post a rapporté que la Dre Joanne Langley, qui était coprésidente du comité, dirige une chaire de recherche de 700 000$, une somme financée en partie par la britannique GSK. La Dre Langley a aussi déjà été consultante pour la française Sanofi.

La professeure de l’Université Dalhousie, en Nouvelle-Écosse, a reconnu que GSK paie une partie de son salaire, mais a insisté pour dire que l’entreprise n’interférait pas dans ses décisions.

«Cela crée un problème. Je ne pense pas que Dalhousie nommerait nécessairement quelqu'un [à la présidence] qui critiquerait les décisions que GSK prendrait», a rétorqué le Dr Joel Lexchin, un professeur retraité de politique de la santé à l'Université York.

En entrevue au National Post, Amir Attaran, professeur de droit de la santé à l'Université d'Ottawa, a abondé dans le même sens.

«Si quelqu'un vous donne 700 000$, il est tout à fait raisonnable de penser que vous aurez des sentiments chaleureux à son égard», a-t-il commenté.

Alors que le vaccin GSK-Sanofi n’est pas encore approuvé et que les retards dans la livraison de vaccins s’accumulent au Canada depuis quelques semaines, M. Attaran a laissé entendre que certains membres du comité auraient pu conseiller au gouvernement, consciemment ou non, de retarder l’achat de certains vaccins au profit d’autres.

Un autre coprésident du comité, Mark Lievonen, a été président de la branche canadienne de Sanofi et possède 500$ en actions dans la pharmaceutique.

Même si on maintient qu’il n’y a pas de conflit, ce dernier s’est récusé des discussions lorsqu’il a été question du candidat-vaccin des deux laboratoires «par prudence».

Les membres de ce comité de travail agissent de manière bénévole. Leurs discussions sont entièrement secrètes, tout comme les détails des contrats passés par le gouvernement avec les pharmaceutiques.

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