Levée des mesures sanitaires: des réactions mitigées à l'annonce du gouvernement

Roxane Trudel
Excitation, soulagement, indifférence, doute, déception : l'annonce du gouvernement de mardi a suscité toute une gamme d'émotion dans la population. Voici certaines réactions recueillies par Le Journal dans la grande métropole de Montréal.
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Sauter de joie

Ines et Jade, 22 et 21 ans, ont sauté de joie hier en apprenant qu’elles pourront retourner en boîte de nuit avec leurs amis. Elles y seront dès la première soirée où ce sera permis.
« On a un groupe de copains par téléphone et tout le monde criait “hourrah”! On n’en peut plus d’être enfermées. On respecte pas mal les mesures, on a envie d’enfin pouvoir faire quelque chose », explique Ines.
« On a envie de s’amuser et profiter de notre jeunesse », ajoute sa copine.
« Pas assez »

Pour Annie Bujold et Farah Naz, âgées de 30 ans, le gouvernement devrait aller plus loin et retirer les passeports vaccinaux : une mesure qu’elles trouvent illogique dans le contexte.
« On est une des seules places au monde qui ont encore de grosses restrictions. Ils ont dit qu’ils ne considèrent pas vraiment retirer les masques et les passeports vaccinaux pour le moment. Ce n’est pas assez », soupire Annie Bujold.
N’étant pas vaccinée, elle peut enseigner le yoga et travailler dans un restaurant, mais ne peut pas participer à un cours de yoga ou manger à une table avec des amis, précise-t-elle.
« C’est un peu ridicule. [...] Peut-on “move on” et traiter ça comme une grippe, comme on commence à le voir un peu partout ? », soulève-t-elle.
Hâte de vivre le vrai Montréal

L’idée d’un retour presque à la normale enchantait grandement Anaïs Poinsenet, 19 ans, et Guillaume Lebivic, 23 ans, hier. Arrivés en pleine pandémie, ils espèrent pouvoir enfin « expérimenter le vrai Montréal », soutient la jeune française.
« On est déçu parce que Igloofest a été annulé, mais on a hâte aux festivals, hâte de voir des amis, d’aller en cours en présentiel. À la maîtrise, c’est totalement différent. Tu as moins l’envie d’apprendre à distance », indique son copain.
« J’imagine que [les mesures] étaient nécessaires, mais là, la vague est passée. Ça va permettre aux gens de sortir, de se rencontrer. On est très satisfaits », ajoute-t-elle à ses côtés.
Un soulagement pour beaucoup

Même si elle continuera de faire attention, Céline Chassé, 69 ans, était ravie à l’idée de pouvoir retourner au théâtre et profiter des spectacles dans la grande métropole.
« Ça va soulager les gens. Je sais ce que j’ai à faire et je continue de me protéger, mais le retour à la normale va faire du bien pour beaucoup. [...] Il ne faut plus trop de contraintes. Les gens sont en train de devenir fous », estime-t-elle.
Indifférent

Philippe Internoscia était plutôt indifférent hier devant l’annonce du gouvernement, qu’il voit comme de belles paroles « stratégiques » en vue des élections provinciales prévue en octobre.
« Ça ne m’a rien fait aujourd’hui. Ça se peut qu’il arrive d’autres variants, donc on ne sait pas vraiment. Je m’attends à ce qu’il recule. Les gens ne respectent déjà plus trop les mesures parce que ça fait trop longtemps », souligne l’homme de 39 ans avec une moue dubitative.
Plus de quart de travail
Un sourire aux lèvres, Washar, 27 ans, s’attend à ce que la ville regagne de sa couleur avec le retrait de la majorité des mesures dans le prochain mois.
« Je travaille dans un restaurant, alors j’aurai plus de quart de travail et d’opportunités. Je crois que les gens seront beaucoup plus heureux en général », soutient-il.
Mi-figue mi-raisin

S’ils ont hâte de profiter de la levée des mesures, Kelsey Lussier, 24 ans et James Renwick, 29 ans ne veulent surtout pas se faire d’attente, par crainte d’être déçus.
« J’aimerais être optimiste, mais j’ai une impression de déjà-vu, alors je ne suis pas sûre. Je veux retourner à la normale, mais le fait de changer d’idée à tout bout de champ, c’est pénible », soutient la jeune femme.
Même si les plans se feront au jour le jour, le couple a hâte de pouvoir sortir avec des amis et retourner dans les bars.
« On verra comment ça va aller. On est vraiment excités par l’ouverture des gyms. C’est une chose quand ils sont fermés l’été et qu’on peut continuer de faire du vélo, c’en est une autre en plein hiver », souligne son copain.