Vaccination obligatoire en santé: réactions mitigées en Estrie
Mélissa Fauteux | TVA Nouvelles
Les volte-face du gouvernement Legault sur la vaccination obligatoire des employés de la santé ont été accueillies en Estrie avec soulagement, mais aussi avec déception, mercredi.
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Pour le chef du département de médecine générale du CIUSSS de l'Estrie-CHUS, Dr Benoit Heppell, le ministre de la Santé se devait de garder en place le plus de travailleurs possible, surtout avec le manque à combler d’un millier de travailleurs de la santé.
«On parle d'une décision courageuse et rationnelle parce que là on s'en allait dans le mur, la ceinture détachée, pas de coussin gonflable. Alors que là, on va frapper le mur, mais moins vite», a fait savoir le médecin.
Le mur est inévitable, selon lui. Le plan de contingence va se poursuivre, mais les gestionnaires pourront travailler à réorganiser les soins en fonctions du personnel actuel et non en prévision du départ de plusieurs centaines d'entre eux.
«De ne pas avoir à planifier la sortie de centaines de travailleurs non vaccinés le 15 novembre, ça va nous permettre de nous concentrer sur les défis actuels. Oui on manque de personnel, et non on ne peut pas donner tous les services qu'on devrait, mais au moins ça va nous donner un peu d'air», a ajouté M. Heppell.
De son côté, l'intensiviste et pneumologue Dr Yannick Poulin parle d'une décision «inacceptable» et «incompréhensible».
Il aurait souhaité que le ministre maintienne la ligne dure et que s'amorcent dès maintenant les changements nécessaires pour faire face à la pénurie de main-d'œuvre.
Sans changement, il sera impossible de sauver notre système de santé actuel, qui ne tient qu'à quelques fils, a-t-il indiqué.
«Notre système est plus que fragile. On est à un moment où il va falloir trouver d'autres solutions parce que si on n’est pas capable de se passer des gens qui ne veulent pas se faire vacciner et qui travaillent avec des gens qui sont à risque, on a un problème et un méchant problème», a ajouté le pneumologue.