«Dès ses 15 ans, il a ébloui tout le monde»

Anthony Martineau
La capacité qu’a Brayden Point de se lever dans les moments importants ne date pas d’hier.
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Il y a un peu plus de neuf ans, en 2012, le jeune homme originaire de Calgary, alors âgé de seulement 15 ans, émerveillait joueurs, entraîneurs et partisans de hockey junior.
Cette année-là, Point, porte-couleur des Warriors de Moose Jaw, n’avait que cinq petits matchs d’expérience dans la Ligue junior de l’Ouest quand se sont entamées les séries éliminatoires du circuit.
Faisant fi de son jeune âge, l’adolescent, dès le premier match du tournoi printanier, a pris les choses en main et a démontré à tous qu’il était spécial. Très spécial.
Justin Kirsch, un ancien attaquant des Warriors qui avait 19 ans à l’époque, n’a rien oublié de ce printemps 2012.
«Nous avons atteint la demi-finale et bien honnêtement, c’est grâce à Brayden. Même s’il était de loin le plus petit joueur de la ligue et qu’il n’avait que 15 ans, il a ébloui tout le monde.»
«Éblouir». En regard aux statistiques, le qualificatif n’est pas exagéré. En 14 matchs éliminatoires, Point, parfois cinq ans plus jeune que certains de ses adversaires, a marqué sept buts et récolté trois aides. Il a terminé ses premières séries junior au premier rang des buteurs de son club.
Marquer des buts? Marquer des buts en séries? Décidémment, ces séries éliminatoires 2012 de la WHL étaient prémonitoires pour Brayden Point.
Mais n’allez pas croire que l’actuel succès du no 21 du Lightning est le fruit du hasard...
On récolte ce que l’on sème
Brayden Point compte actuellement 23 points, dont 14 buts, en 20 matchs éliminatoires.
Contre les Canadiens, lundi, il a notamment récolté trois aides en lever de rideau de la finale de la Coupe Stanley.
Tout récemment, il a connu une séquence de neuf matchs consécutifs avec au moins un filet. Il s’est approché à une partie de la deuxième plus longue séquence du genre de l’histoire (10 matchs de suite) de la LNH.
Point a aussi inscrit au moins 14 buts lors de ses deux derniers périples en séries.

Avant lui, seulement deux autres joueurs de centre étaient, à ce jour, parvenus à faire de même : Wayne Gretzky et Mario Lemieux. On ne parle pas ici de vulgaires pieds de céleri.
Comme tout le monde, Justin Kirsch est à même de constater que son ancien coéquipier semble inarrêtable depuis déjà quelques saisons. Et il croit pouvoir expliquer pourquoi.
«Oui, c’est une superstar. N’ayons pas peur des mots! J’ai joué deux saisons avec Brayden et je ne me rappelle pas un match où il n’était pas le meilleur sur la glace. Mais il faut à tout prix que vous compreniez à quel point son attitude et son éthique de travail étaient incroyables.
«Il n'a jamais reculé devant aucune bataille. Oui, il a toujours eu cette capacité à marquer des buts lors des grands moments, mais il est à fond la caisse constamment. Même à 15 ans, on pouvait voir qu’il était meilleur, mais aussi plus travaillant que plusieurs. Nous savions tous qu'il allait être spécial.»
«C’est la marque des grands patineurs»
Lorsqu’il regarde les matchs du Lightning, ces dernières années, Justin Kirsch ne peut s’empêcher de sourire.
«Voir Brayden dominer autant qu’à l’époque est incroyable. C'est honnêtement l’un des meilleurs gars que j'aie rencontré dans ma vie. Il ferait n'importe quoi pour son équipe. Ne vous demandez pas pourquoi il semble autant respecté de ses pairs!»
Kirsch, qui évolue aujourd’hui en deuxième division allemande, insiste sur l’aspect «humain» de l’attaquant du Lightning, qu’il qualifie sans gêne de «grand leader».
«Même s’il était le plus jeune de notre groupe, il a su, avec sa joie de vivre contagieuse et son sourire omniprésent, nous rallier en tant qu’équipe. Il nous poussait tous à être meilleurs et ça, c’est très rare chez un jeune joueur. C’est la marque des grands patineurs.»
Un buteur aguerri, qui se lève lors des grands moments et qui sait faire de son équipe un groupe soudé au possible. Tout ça à... 25 ans à peine!
Qui dit mieux?