Des syndicats inquiets du retour du personnel infecté asymptomatique

Agence QMI

2021-12-28T19:39:40Z
2021-12-29T01:41:13Z

Trois syndicats représentant les travailleurs de la santé sont rapidement montés au créneau, mardi, et ont fait part de leurs inquiétudes concernant la décision de Québec de maintenir en poste le personnel soignant infecté par la COVID-19.

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La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ) et la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) ont ainsi rappelé que la priorité est de protéger les travailleurs de la santé.

«Le réseau n’est pas prêt à faire face aux risques de la décision gouvernementale de ramener du personnel infecté asymptomatique au travail. À l’heure actuelle, on n’est même pas en mesure de tester le personnel dans leur milieu de travail», a affirmé mardi par voie de communiqué, Réjean Leclerc, président de la FSSS-CSN.

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Les syndicats ont notamment réclamé l’implantation de mesures de dépistage du personnel dans les établissements de santé, mais aussi de miser sur la ventilation et de mettre l’accent sur l’accès aux équipements de protection individuelle.

«Nous comprenons le contexte d’urgence et la pénurie de personnel qui affecte notre réseau public de santé, mais les mesures annoncées [mardi] visant le maintien en poste de travailleuses et de travailleurs de la santé ayant contracté la COVID comportent un certain nombre de risques», a insisté la présidente de la FSQ-CSQ, Isabelle Dumaine.

«Encore aujourd’hui, le ministère peine à mettre en place les mesures de préventions minimales et les inventaires de N95 ne sont pas complétés. C’est un non-sens!», a déclaré Julie Bouchard, présidente de la FIQ.

De son côté, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a assuré lors de son point de presse qu’il s’agissait d’une «question de gestion de risque».

«Il y a dans le réseau de santé maintenant des mesures de protection et de contrôle des infections qui n’étaient pas en place même à la première vague, ça c’est la première différence», a ajouté M. Dubé, tout en précisant que près de 98% des travailleurs de la santé sont pleinement vaccinés.

«Oui, effectivement, dans un monde idéal, on ne rentre pas des personnes malades dans un milieu, mais en même temps, les gens ont besoin de soins», a également soutenu le directeur de la santé publique du Québec, Dr Horacio Arruda.

Pharmaciens et ressources intermédiaires satisfaits

Allant à contre-courant des syndicats, les pharmaciens propriétaires et les pharmaciens en établissement de santé, eux, se sont montrés satisfaits des nouvelles orientations.

Aux yeux de l'Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (APES), il s’agit cependant d’un outil à utiliser en «ultime recours».

«Il s'agit d'une question de gestion de risques dans un contexte extrême. Les départements de pharmacie continueront de faire le maximum pour limiter la contamination en milieu de travail», a déclaré le président de l'APES, le pharmacien François Paradis.

Les ressources intermédiaires d’hébergement ont abondé dans le même sens. «Cet assouplissement nous apparaît nécessaire pour maintenir les services dont ont besoin les plus de 17 000 personnes vulnérables hébergées dans l’une des 1 000 RI au Québec», a fait valoir Johanne Pratte, directrice générale de l’Association des ressources intermédiaires d’hébergement du Québec.

Selon elle, le fait que la grande majorité des patients en ressources intermédiaires sont triplement vaccinés fait en sorte «que les avantages du retour au travail de certains travailleurs asymptomatiques surpassent les risques associés à de potentielles éclosions, alors que le réseau souffre d’une grande pénurie de main-d’œuvre».

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