Des t-shirts antivaccins sur Amazon
Des experts inquiets de voir ces vêtements sur le site marchand prisé des Québécois

Francis Halin
À l’aube d’une quatrième vague, le gouvernement Legault se distancie d’Amazon, qui vend des t-shirts antivaccins, et assure qu’Investissement Québec n’a pas de partenariat avec le géant.
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« On s’attend à ce que toutes les entreprises qui font affaire sur le territoire du Québec fassent preuve de responsabilité sociale dans leurs activités, surtout durant cette pandémie », a indiqué le cabinet du ministre de l’Économie.
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Même si Investissement Québec International et Amazon, en collaboration avec le Bureau du Québec à Toronto, ont organisé ensemble en avril dernier un « webinaire pour en apprendre davantage sur la vente en ligne sur Amazon », Québec dit qu’elle n’est pas de partenariat avec l’entreprise ici.
« Investissement Québec [IQ] n’a aucun partenariat avec Amazon Canada. IQ travaille à multiplier les occasions d’affaires et diversifier les marchés pour les entreprises québécoises. Ceci passe notamment par le commerce en ligne », a expliqué le cabinet d’Eric Girard.
Ces derniers jours, des opposants aux mesures sanitaires se sont faits de plus en plus visibles. Hier, un homme a interrompu le point de presse du ministre de la Santé, Christian Dubé.
Marchandises controversées
Or, le site d’Amazon Canada regorge de vêtements hostiles à la vaccination ou au masque, ce qui préoccupe certains experts.

« Je ne porte pas de couches pour le visage », « Je suis vacciné, je ne le suis pas. Mon statut de vaccination n’est pas de vos affaires » ou « Non vacciné – Pleinement protégé » avec une arme à feu dans une flaque rouge, peut-on lire.
Pour Michel Séguin, professeur et expert en éthique de l’UQAM, les gens ont le droit de se promener avec un t-shirt pour montrer qu’ils sont contre la vaccination, mais les t-shirts vendus sur Amazon étirent l’élastique.
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« On peut se prononcer contre la vaccination. C’est une liberté de choix. Mais on ne peut pas véhiculer de la fausse information, encore moins inciter à la rébellion et à la violence », plaide-t-il.
« On utilise rarement une mitraillette pour promouvoir la paix », s’inquiète de son côté Louis Audet Gosselin, directeur scientifique et stratégique du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV).
« C’est une mouvance inquiétante, préoccupante, mais qui demeure assez minoritaire », observe-t-il cependant. Il dit que la majorité des antivaccins n’est pas violente et que ces t-shirts sont plus une « provocation » qu’autre chose.
« Tous les antivaccins ne sont pas si brutaux et insensés ! Je ne pense pas que ce genre de marchandise trouve grand preneur au Canada », tranche aussi l’épidémiologiste Nimâ Machouf.
« Ce n’est pas illégal. Les gens ont le droit à la liberté expression, tant que les diverses lois et règlements sont respectés », rappelle pour sa part Anne Mathieu, porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ).
Hier, le cabinet du premier ministre canadien, Justin Trudeau, n’a pas voulu se prononcer sur la vente de t-shirts antivaccins sur Amazon.
« Rien à ajouter aux commentaires du premier ministre faits dans le passé sur l’hésitation vaccinale », s’est limitée à dire son attachée Chantal Gagnon.
Amazon n’a pas répondu hier aux questions du Journal.
– Avec Guillaume St-Pierre
Un ex-conseiller politique de l’ancien ministre canadien des Finances, Bill Morneau, est lobbyiste pour Amazon. Maximilien Roy sollicite du financement pour le géant américain auprès du premier ministre du Québec.