Des traiteurs sont les complices des partys
Des commerçants ont accepté de livrer jusqu’à 37 repas pour notre fête fictive
Francis Pilon et Clara Loiseau
Des traiteurs qui tentent de survivre durant la troisième vague acceptent de livrer des buffets pour des fêtes privées réunissant des dizaines de personnes, même si Québec supplie les citoyens de ne pas se rassembler pour Pâques.
Le Journal a contacté hier une vingtaine de traiteurs à travers la province pour commander un buffet pour un rassemblement privé réunissant au moins une vingtaine de fêtards cette fin de semaine.
De Chicoutimi à Mercier sur la Rive-Sud, en passant par Rimouski, Trois-Rivières ou encore Montréal, la majorité des entreprises ont accepté de nous fournir un buffet, sans même mentionner les risques sanitaires.
Seulement deux d’entre elles ont décliné notre demande, rappelant que les rassemblements sont proscrits.
« Encore ce matin, j’ai refusé un gâteau pour 25 personnes, dénonce Simon Fournier, propriétaire de La Lorraine Traiteur. Les gens s’essaient, mais moi, je refuse les commandes pour plus de huit personnes par solidarité. [...] Quand je dis non, les gens me disent qu’un autre va accepter de toute façon. »
Chaque semaine, M. Fournier refuse entre trois ou quatre commandes pour des groupes qui font fi des règles sanitaires.
D’autres entrepreneurs ont décidé de leur côté de fermer boutique le temps que la pandémie passe.
Beaucoup de repas livrés
Mais certains ont du mal à refuser. Parmi eux, plusieurs ont tout de même rappelé qu’en temps de pandémie il valait mieux « commander des boîtes individuelles, pour éviter que toutes les mains terminent dans les mêmes plats ».
D’autres n’ont « aucun problème » à vendre leur menu et acceptent même de fournir la livraison à domicile.
Au moins un traiteur a accepté de livrer jusqu’à 37 repas individuels pour notre fête fictive.
Aucune aide
Médecin
Martin Vézina, responsable des affaires publiques à l’Association Restauration Québec, déplore ces comportements.
« Présentement, cette catégorie de restauration se retrouve avec rien au niveau de l’aide promise. Ils n’y sont pas admissibles », critique M. Vézina.
Pour le Dr François Marquis, chef des soins intensifs de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont à Montréal, il faut que tout le monde participe à l’effort pour éviter une troisième vague plus destructrice que les deux premières.
« Au-delà des consignes gouvernementales, on a tous notre responsabilité individuelle ! [...] Ça devient une question d’éthique personnelle et professionnelle, et de respect de l’esprit des consignes », souligne-t-il.