Le Kenya envahi par des vagues de millions de criquets pèlerins, les cultures détruites

AFP
- Des vagues de criquets pèlerins en provenance de la Somalie et de l’Éthiopie déferlent sur le Kenya.
- Neuf pays d’Afrique de l’Est ont été touchés par ces vagues de criquets.
- Ces invasions ont affecté l’alimentation de 2,5 millions de personnes en 2020 et devraient en toucher 3,5 millions en 2021.
- Certains pays, comme le Kenya, n’avaient pas connu une telle invasion depuis 70 ans.
Les criquets pèlerins, qui se déplacent en essaims dévastateurs de plusieurs millions, voire milliards d’insectes, envahissent neuf pays d’Afrique de l’Est depuis près de 18 mois.
Certains pays comme le Kenya n’avaient pas connu une telle invasion depuis 70 ans, et la riposte initiale a souffert d’une mauvaise coordination et d’un manque de pesticides et d’avions pour les répandre, selon Cyril Ferrand, un expert installé à Nairobi auprès de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Les criquets peuvent parcourir jusqu’à 150 km par jour, ravageant les cultures sur leur passage.

Pour endiguer la deuxième vague qui frappe notamment le Kenya, l’Éthiopie et la Somalie, les autorités ont déployé des moyens supplémentaires.
Au Kenya, la FAO s’est associée à 51 Degrees, spécialisée dans la gestion des réserves protégées. La société a réorganisé son logiciel servant à repérer le braconnage, les animaux sauvages blessés ou l’exploitation forestière illégale pour y ajouter les essaims de criquets.
Une ligne directe a également été installée pour recevoir les appels des chefs de village ou des 3000 éclaireurs sur le terrain.
Chaque criquet mange quotidiennement son poids en végétation, et leur nombre se multiplie par 20 tous les trois mois. Les dernières saisons des pluies, parmi les plus humides depuis des décennies, ont favorisé leur reproduction. Leur couleur rose foncé indique que les insectes sont dans leur phase de croissance, celle où ils sont les plus affamés.

3,5 millions de personnes affectées
Selon Cyril Ferrand, l’invasion de criquets a affecté l’alimentation de 2,5 millions de personnes en 2020 et devrait en toucher 3,5 millions en 2021, dans l’ensemble de la région.
Les prévisions de précipitations inférieures à la moyenne combinées à une meilleure surveillance pourraient freiner l’invasion, mais il est difficile de dire quand elle prendra fin.
D'autres invasions pourraient d'ailleurs suivre et devenir plus fréquentes en raison des fluctuations climatiques importantes dans la région.

«Ils détruisent tout»
Dans le village de Meru, l’exploitation de Jane Gatumwa, où elle fait pousser maïs et haricots sur près de cinq hectares, grouille de criquets roses affamés.
«Ils sont ici depuis environ cinq jours, ils détruisent tout. Ces cultures nous aident à payer les frais de scolarité des enfants et aussi à nous nourrir», raconte-t-elle.
«Maintenant qu’il ne reste plus rien, nous allons avoir un gros problème.»