Manawan frappée par une autre tragédie
Un père et son fils sont morts dans un accident de la route

Olivier Faucher
Un jeune père atikamekw et son garçon sont morts mercredi après un accident sur une route réputée depuis longtemps comme étant dangereuse, plongeant à nouveau la communauté de Manawan dans le deuil.
« [L’année] 2020 a été une année terrible pour Manawan. On espérait une meilleure année en 2021. De toute évidence, ce n’est pas le cas », déplore Paul-Émile Ottawa, chef du Conseil des Atikamekw de Manawan.
Selon le récit de M. Ottawa, un père âgé de la vingtaine et son jeune fils de 7 ans, tous deux originaires de la communauté, manquaient à l’appel alors qu’ils devaient revenir de Joliette mardi soir.
Voyant qu’ils n’étaient pas rentrés, plusieurs membres de la famille ont été alertés et ont tenté de les trouver durant la nuit de mardi à mercredi sur le chemin de Manawan, sans succès. Ils se sont ensuite tournés vers les réseaux sociaux pour lancer des appels à l’aide.
C’est finalement vers 13 h 30 mercredi que des passants ont fait la tragique découverte d’un véhicule de marque Jeep noir renversé dans la rivière du Milieu au kilomètre 26 du chemin de gravier tout près d’un pont à une seule voie.
En milieu d’après-midi, les pompiers locaux, ainsi que ceux de Rawdon, de même que des plongeurs de la SQ se trouvaient sur les lieux pour tenter d’accéder à la voiture submergée.
La Sûreté du Québec a indiqué qu’il était possible que le véhicule ait fait des tonneaux après être sorti de la route avant de se retrouver à l’envers dans l’eau.
On ignore cependant combien de temps le véhicule a été submergé avant d’être aperçu.
Route dangereuse
Le drame a provoqué tristesse et frustration chez les résidents de Manawan, puisque le chemin de Manawan, le seul qui se rend à la réserve, a la réputation depuis de nombreuses années d’être dangereux.
Cette route de 88 km qui sépare la communauté de la municipalité de Saint-Michel-des-Saints compte sept ponts à une seule voie qui sont loin d’être sécuritaires, selon M. Ottawa.
« Ça fait 40 ans qu’on présente nos doléances au gouvernement pour que ce chemin soit sécuritaire. On est en pleines négociations pour une réfection. Dans les budgets, ce n’est pas prévu que les ponts soient doubles, mais on va demander que le budget soit revu à la hausse de manière à permettre l’installation de ponts à deux voies plus sécuritaires », précise le chef de la communauté.
Autre drame
Une cellule de crise a été déployée par le conseil Conseil des Atikamekw de Manawan afin d’accompagner les personnes affectées par la tragédie.
La petite communauté de 2000 habitants peine encore à se relever d’une année des plus difficiles, marquée entre autres par le décès de Joyce Echaquan.
Pas plus tard que samedi, on apprenait également que la communauté était aux prises avec une éclosion de COVID-19 qui atteint maintenant 10 cas, dont trois du variant britannique.
–Avec Maxime Deland, Agence QMI