Deux nouvelles tours sur le boulevard Laurier envisagées
Le Groupe Dallaire vise des immeubles d’une vingtaine d’étages


Jean-Michel Genois Gagnon
Le Phare n’étant plus dans ses plans, le Groupe Dallaire prévoit maintenant entamer la construction de deux nouvelles tours d’une vingtaine d’étages sur le boulevard Laurier d’ici la fin 2022. Un projet d’environ 200 millions $.
Ces nouvelles constructions seront réalisées sur les anciens terrains de l'Ozone Hôtel Bar et du restaurant Batifol. Le groupe immobilier avait déboursé 11 M$ pour acheter ce site de 100 000 pieds carrés en 2014.
Le président du Groupe Dallaire souhaite y construire deux tours résidentielles, dont l’une pourrait être une résidence pour personnes âgées. La vocation de chaque immeuble «n’est pas encore définitive». Ce projet pourrait également se faire en collaboration avec une autre compagnie.
La semaine dernière, le Groupe Dallaire n’était pas en mesure de dire le nombre d’unités que pourrait contenir ce nouveau développement.
En 2014, la direction espérait aménager à cet endroit 350 000 pieds carrés de locaux commerciaux et de bureaux ainsi que 240 condos.
«Nous sommes actifs sur le dossier de l’ancien Ozone. Nos gens travaillent sur deux tours», a indiqué le président Michel Dallaire, qui a récemment fait le point avec Le Journal sur ses chantiers à venir.
«Nous avons pour ce site des discussions avec des groupes spécialisés dans les résidences pour personnes âgées», a-t-il poursuivi, précisant que différents scénarios sont analysés.
Zonage
L’homme d’affaires mentionne que ces deux nouvelles tours, qui pourraient sortir de terre au même moment, vont respecter le zonage déjà en vigueur. La construction pourrait s’échelonner sur une période de deux ans.
Si le tramway à Québec n’aboutit toutefois pas, le Groupe Dallaire ne cache pas que les grandes lignes de ce projet pourraient être revues.
Rappelons que, depuis l’automne, M. Dallaire et son organisation ne sont plus impliqués directement dans le projet Le Phare. C’est le groupe COGIR Immobilier qui pilote dorénavant la construction du complexe de quatre tours à Sainte-Foy, évalué à près d’un milliard de dollars, dont le nom est HUMANITI.
M. Dallaire prévoit agir comme investisseur silencieux dans ce développement. Il a travaillé une douzaine d’années sur Le Phare.
Parmi les autres projets du Groupe Dallaire, le promoteur de Québec, qui possède encore 130 millions de pieds carrés de terrains disponibles pour du développement, poursuit la phase un de l’Espace d’innovation Chauveau. Des investissements d’environ 90 millions $ sont prévus d’ici trois ans.
Le Groupe Dallaire érige présentement un immeuble de 250 000 pieds carrés sur ce site pour la compagnie Distribution Stox, spécialisée dans les pneus et accessoires pour automobiles.
Comme autre chantier, le promoteur prévoit démarrer ce printemps la première phase de 212 portes d’un nouvel ensemble résidentiel à Charny, sur la Rive-Sud. L’investissement de 40 millions $ comprendra la sortie de terre d’immeubles à logements ainsi que de maisons unifamiliales.
Par ailleurs, le Groupe Dallaire a récemment entamé la deuxième phase de son projet résidentiel Domaine Le Gendre, à Cap-Rouge.
«Trente des 70 nouveaux terrains sont déjà vendus», a avancé M. Dallaire, qui dit constater une forte demande pour de nouvelles constructions.
Soeurs de la Charité : Michel Dallaire ne reviendra pas à la charge
Michel Dallaire ne reviendra pas à la charge pour convertir les terres agricoles des Sœurs de la Charité en ensemble immobilier, à Beauport. Ce projet de miniville est enterré définitivement pour le promoteur.
«C’est le plus beau projet philanthropique que je n’ai pas pu travailler. Malheureusement, lorsque le gouvernement a décidé de ne pas permettre de réintroduire ces terrains dans le périmètre urbain, cela a mis un clou sur le cercueil du développement», a indiqué l’homme d’affaires à la tête du Groupe Dallaire.
En décembre dernier, la société en commandite Terres d’espérance, créée par la Fondation famille Jules-Dallaire, a choisi de rétrocéder aux Sœurs de la Charité les terres acquises en 2014 pour près de 40 millions $. Groupe Dallaire travaillait sur ce projet depuis plus de six ans. Les profits de la vente des unités, dont l’objectif était de livrer les premières d’ici 2030, devaient servir à soutenir différentes œuvres caritatives.
6500 unités d’habitation
En 2014, lors du dévoilement du chantier, Groupe Dallaire souhaitait construire environ 6500 unités d’habitation incluant des maisons de ville et en rangée, des condos et des appartements. Des espaces commerciaux, une école ainsi qu’un centre communautaire devaient également sortir de terre.
«Tout ce qui sortait de ces terrains en valorisation devait être remis dans notre fondation et celle des Sœurs», a rappelé M. Dallaire. «Cela aurait amené une contribution incroyable en philanthropie dans la région.»
C’est en 2019 que le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation a scellé le sort du projet après avoir refusé de nouveau que la Ville intègre ces terres au Schéma d’aménagement de l’agglomération de Québec. Plusieurs citoyens s’opposaient également à la réalisation de ce développement.
«Je ne vois pas de fenêtre où il pourrait être possible de développer ces terrains. Avant que ces terres soient réintroduites dans le périmètre urbain, cela va prendre quelques décennies, je pense. Le projet n’était pas réalisable dans un horizon raisonnable», avance M. Dallaire.
Malgré le fait qu’il fasse une croix sur ce développement philanthropique, le promoteur immobilier dit être convaincu qu’un jour, ces terrains vont se développer en raison de leur emplacement. En décembre, Le Journal écrivait que les Sœurs de la Charité n’abandonnaient pas l’idée de développer ces terres avec ou sans le Groupe Dallaire. Actuellement, elles ont une vocation agricole.
Nouvelles tours sur le boulevard Laurier
- Un investissement d’environ 200 millions $
- Une vingtaine d’étages
- Début de la construction d’ici la fin 2022
- Deux tours résidentielles, dont l’une pourrait être une résidence pour personnes âgées
- Selon le zonage, la hauteur maximale pour une construction est de 64 mètres