Devant le CHSLD Saint-Eusèbe pour voir sa femme
Simon Dessureault | Agence QMI
Un octogénaire fait les 100 pas tous les jours depuis plus d’une semaine autour du CHSLD Saint-Eusèbe pour se sentir plus proche de sa femme qu’il pourrait visiter malgré les nombreux cas de contamination.
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Luigi, 80 ans, qui préfère ne pas dire son nom de famille, n’entre plus dans la bâtisse du CHSLD depuis qu'il y a des cas dans l'établissement.
«Je pourrais entrer à titre de proche aidant, mais ça me fait peur», a dit l'homme qui avait la mine basse, alors qu’il buvait son café devant l’entrée principale du CHSLD, lundi.
«Je me sens plus proche d’elle ici dehors que quand je suis chez moi, a-t-il ajouté, alors que sa femme est aveugle et atteinte de démence. Je vais aussi à son châssis en arrière, mais elle ne voit pas.»
Et comme si ce n’était pas assez, il a récemment appris que sa femme comptait parmi les nombreux résidents atteints de la COVID-19.
«Ça m’inquiète, mais j’appelle à tous les jours», alors que sa femme de 72 ans, Lorenza, est hébergée en zone rouge.
«On ne pouvait pas entrer pendant deux mois au printemps lorsqu’il n’y avait pas de cas et là je peux entrer même s’il y a plein de cas, ce n’est pas ça normal», a-t-il ajouté.
L’Agence QMI s’est également entretenue avec une préposée aux bénéficiaires qui a été délestée de son poste à l’hôpital de Joliette pour prêter main-forte au CHSLD.
«On a de l’aide d’autres employés du réseau de la région, a raconté Johanne Houle, qui soutient que tous les employés, infirmières, gestionnaires ou préposées aux bénéficiaires, peuvent être dégagés de leurs tâches habituelles pour aider. Les filles se tiennent au bout.»