Guerre en Ukraine: dire que Poutine fait attention pour éviter les pertes civiles...

La Russie persiste à soutenir qu’elle ménage ses tirs pour épargner les citoyens ukrainiens

Un militaire ukrainien fait sa tournée devant un immeuble de Kyïv pulvérisé par les bombardements russes hier.
Un militaire ukrainien fait sa tournée devant un immeuble de Kyïv pulvérisé par les bombardements russes hier. Photo AFP
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Roxane Trudel

2022-03-15T04:00:00Z

La Russie continue de présenter son échec à s’emparer de l’Ukraine comme un acte de retenue pour éviter les pertes civiles, alors qu’elle n’est tout simplement pas en position de mener un assaut décisif, estime un expert.

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« Il y a de sérieuses lacunes dans les plans militaires russes. Je pense qu’ils n’étaient pas préparés à prendre possession de ces villes, a expliqué Charles-Philippe David, fondateur de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques. La résistance ukrainienne a eu le temps d’ériger des positions de défense. »

Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a assuré hier que Vladimir Poutine avait jusqu’ici ordonné à ses troupes « de ne pas lancer un assaut rapide sur les grands centres urbains ».

Mais la situation pourrait changer, puisque la Russie « n’exclut pas la possibilité de prendre le contrôle total des grandes villes déjà encerclées », a-t-il prévenu en laissant présager un assaut majeur.

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Sauf que c’est un discours « à prendre avec un énorme grain de sel », a réagi M. David. 

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Attaques à l’aveugle

Il s’attend à ce que Moscou poursuive ses attaques à l’aveugle et continue de bloquer l’accès aux vivres, pour espérer faire tomber la résistance à l’usure. Mais cela implique bien des pertes civiles, craint-il. 

Il croit que les renforts attendus par la Russie serviront davantage à renouveler les troupes qu’à préparer un assaut. 

À ce sujet, les tensions continuent de grandir entre la Chine et la Maison-Blanche, qui juge « profondément préoccupante » sa position « d’alignement avec la Russie » face à la guerre en Ukraine, a fait savoir hier une haute responsable, après une rencontre à haut niveau à Rome.

« Nous regardons de très près dans quelle mesure la Chine ou tout autre pays fournit une assistance à la Russie, a ajouté le porte-parole du département d’État Ned Price. Nous avons fait savoir très clairement à Pékin que nous ne resterions pas sans rien faire. »

Que des perdants 

L’impact du conflit sur les Ukrainiens a d’ailleurs « atteint des proportions terrifiantes », a déploré hier le secrétaire général des Nations unies, António Guterres. 

« À chaque heure qui passe, deux choses deviennent de plus en plus claires : la situation ne cesse de s’aggraver [et] ​​quel que soit le résultat, cette guerre n’aura pas de gagnants, que des perdants », a-t-il ajouté. 

Encore hier, plusieurs zones résidentielles ont été touchées par des frappes brutales. Très tôt en matinée, un missile a notamment frappé un immeuble résidentiel dans le nord de Kyïv, à la surprise de ses résidents qui ne s’attendaient pas à être la cible d’une frappe. Au moins deux personnes ont perdu la vie et une douzaine de personnes ont été blessées. 

« Il n’y a pas de cible militaire près de nous. On ne pensait pas que nous serions nous-mêmes des cibles, a confié au New York Times Yuriy Yurchik, 30 ans. J’ai regardé dehors et la partie gauche du bâtiment était en feu. Sur le sol, des gens couraient et criaient. »

Une nouvelle session de pourparlers « difficiles » a d’ailleurs débuté hier et doit se poursuivre aujourd’hui entre Moscou et Kyïv, a indiqué le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, hier.

– Avec l’AFP

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