Donald Trump pourrait-il réussir son pari avec ses tarifs?

Marie-Anne Audet

2025-03-05T01:22:56Z

Le pari de Donald Trump d’attirer des entreprises aux États-Unis en imposant des tarifs douaniers sur les biens importés est difficilement réalisable, selon le Conseil canadien des affaires. 

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En effet, il y a des raisons stratégiques pour lesquelles des industries stratégiques se sont installées à l’étranger, a évoqué Robert Asselin, vice-président des politiques publiques de l’organisation.

«Il y a des lois économiques très évidentes sur l’efficacité des marchés. Donc, évidemment, on produit un bien au moindre coût, le plus efficacement possible», a-t-il illustré lors d’une entrevue à l’émission Le Bilan, mardi.

«Ensuite, il y a des biens, des ressources que les Américains n’ont pas. Le pétrole lourd, c’est un exemple. L’uranium pour le nucléaire. La potasse pour leur engrais, pour leur agriculture. Ils ont besoin d’importer ces trucs-là», a-t-il ajouté.

Le président américain, qui a imposé des tarifs de 25 % sur l’ensemble des importations canadiennes et mexicaines et de 20 % sur les produits chinois, a lancé une guerre commerciale contre les trois pays qui ont adopté des contre-mesures.

Si des centaines de milliers d’emplois sont en jeu au Canada, elle accéléra l’inflation de l’autre côté de la frontière, selon plusieurs intervenants. 

«Nous allons nous assurer de faire notre possible pour protéger les prix, mais s’il y a des tarifs de 25 %, ces prix vont monter», a affirmé Brian Cornell, PDG de la chaîne Target, lors d’une entrevue accordée à CNBC, mardi.

Le Canada résilient

L’économie canadienne devrait toutefois passer à travers la crise même si «le dommage va être significatif», a souligné l’expert.

«Le Canada, c’est quand même une économie du G7. On est quand même une économie résiliente, assez bien diversifiée, mais pas assez productive et innovante. C’est peut-être le coup de fouet qu’on avait besoin pour se mettre à la tâche et de rendre notre économie plus productive. C’est sûr que les secousses dans un an, deux ans, seraient extrêmement sévères. Est-ce que ça serait fatal? Non», a-t-il dit.

Voyez l'entrevue complète dans la vidéo ci-dessus

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