Le ministre Dubé offre des excuses publiques à la coiffeuse

Agence QMI

2020-09-17T16:41:25Z
2020-09-17T22:15:25Z

Le ministre de la Santé du Québec, Christian Dubé, a admis qu’il était le seul responsable de sa déclaration trompeuse voulant qu'une coiffeuse de Thetford Mines se sachant contagieuse eût vu des clients dans trois résidences pour aînés.

Jeudi, en point de presse, il a offert des excuses publiques à la femme qu’il avait d’abord personnellement appelée pour «prendre de ses nouvelles et lui dire [qu’il] était désolé de la situation».

«[Le responsable] c’est moi. J’ai pris connaissance d’un texte, je l’ai interprété d’une façon, je l’ai mal interprété, je croyais que la dame savait qu’elle était contagieuse [...]. C’est pour ça que je me suis empressé de l’appeler et de m’excuser.»

Au début de la semaine, Christian Dubé avait erronément déclaré lors d’un point de presse en compagnie du premier ministre qu’une coiffeuse de Thetford Mines se sachant contagieuse avait transmis la COVID-19 dans trois résidences pour aînés.

La femme de 68 ans, qui ne veut pas être identifiée, a confié à TVA Nouvelles qu'elle n'est pas méchante et que jamais elle n’aurait couru un tel risque si elle avait su qu'elle était contaminée.

La femme a soutenu avoir pris toutes les précautions lorsqu'elle est entrée dans les résidences.

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«La bonne nouvelle c’est qu’elle va très bien. Elle se remet très bien de ce qui lui est arrivé et je lui ai dit que je garderais de ses nouvelles et que je l’appellerais encore quelques fois», a expliqué jeudi le ministre de la Santé en qualifiant son geste de «maladresse».

La coiffeuse «satisfaite»

Contactée par Le Journal en fin d’après-midi, la coiffeuse a fait savoir qu’elle n’avait pas pu écouter en direct les excuses du ministre de la Santé, elle qui, maintenant guérie de la COVID-19, travaillait dans son salon de coiffure au même moment.

Elle s’est cependant montrée «satisfaite» à partir de ce qu’on lui a raconté. Elle a aussi aimé que le ministre l’appelle personnellement mercredi.

«Je suis très satisfaite et je l’ai trouvé très gentil. Je trouve qu’il n’a pas un travail facile», a déclaré la femme, qui «jure» qu’elle a toujours porté le masque quand elle donnait des soins à des clients dans les résidences.

«On a suivi les consignes, on a fait attention, on a fait du mieux que l’on pouvait avec ce que l’on connaissait et vous voyez, malgré tout, je me suis fait accuser de ne pas avoir porté le masque et de ne pas avoir suivi les consignes», a-t-elle déploré.

Lorsqu’elle coiffait dans les résidences, elle ne se doutait de rien, car elle était «en forme comme n’importe qui», a-t-elle ajouté.

La dame de 68 ans, qui insiste pour rester anonyme, affirme être toujours «sur les antidépresseurs» et s’accroche au soutien d’une partie de sa clientèle, ce qui lui fait «beaucoup de bien».

«C’est une grosse semaine que j’ai hâte d’oublier», a-t-elle dit en soupirant.

Profitant de la tribune qui lui est offerte, elle invite à ne pas ostraciser les personnes atteintes de la COVID-19 et, surtout, à ne pas propager de rumeurs non fondées.

«La personne qui a le COVID, avant de faire son procès une semaine de temps [...], j’aimerais ça que les gens aient plus de sensibilité au point de vue humain», a-t-elle demandé.

- Avec Dominique Lelièvre, Le Journal de Québec

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