Duranceau bloque la construction de maisons pour aider les femmes violentées

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Nicolas Lachance

2024-03-14T17:25:38Z

Le gouvernement de la CAQ a mis sur la glace la construction des maisons promises pour aider les femmes violentées, jugées trop chères par la ministre de l’Habitation. Des regroupements d’aide lancent un poignant cri du cœur pour une reprise des travaux.

Le gouvernement Legault s’était engagé à construire ces maisons en 2021 à la suite d’une vague de féminicides et de l'augmentation fulgurante de dossiers en violence conjugale.

Or, la ministre France-Hélène Duranceau trouve aujourd’hui qu’il en coûte trop cher et a demandé l’arrêt des chantiers.

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«Ce qu’on constate, c’est que trop de projets sortent à des coûts qui sont vraiment excessifs. Quand on parle de 900 000$, un million$ la porte. Je comprends qu’il y a beaucoup d’espaces qui ne sont pas dans le logement, ce sont des espaces communs. Malgré cela, les coûts de ces projets-là sont trop élevés», a-t-elle signalé.

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Entre-temps, les maisons d’hébergement débordent, et trois associations de maisons pour femmes victimes de violence se sont personnellement engagées dans de nombreux projets. Au total, 630 nouvelles unités avaient été consenties par Québec. L’argent était même sur la table jusqu’à ce que la ministre Duranceau bloque les chantiers.

Capture d'écran
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«Combien coûte la vie d’une femme, une femme victime de violence conjugale?», a lancé la libérale Brigitte B. Garceau, porte-parole de l’opposition officielle en matière de condition féminine. Dans ce dossier, tous les partis d’opposition font front commun.

«Ces femmes travaillent d’arrache-pied depuis trois ans pour monter des projets de maisons d’hébergement.»

En Abitibi-Témiscamingue, il y a deux projets qui sont arrêtés.

Logement social

France-Hélène Duranceau dit souhaiter la réalisation des unités. Mais, elle vise le prix accordé pour les logements sociaux.

«J’ai demandé à la Société d’habitation du Québec de regarder ça d’un autre angle pour s’assurer qu’on réponde bien aux besoins des femmes et qu’on évalue ce que ça coûte et ce que ça devrait coûter et qu’on s’entende de part et d’autre pour faire les choses dans un respect de la capacité de payer», a-t-elle expliqué.

Les associations et les oppositions dénoncent cette idée, signalant que les besoins pour ce type de centre d’accueil ne sont pas comparables à des logements sociaux qui auraient droit à 575 000$ par porte.

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«Il y a une chose que je voudrais que Mme Duranceau et le gouvernement de la CAQ retiennent: les maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence, ce n’est pas du logement social, c’est un service. Une étape dans le continuum de services qui est donné pour sauver la vie de femmes qui sont à risque de mourir d’un féminicide», a pesté la solidaire Ruba Ghazal.

«Enrageant»

«C’est enrageant de se dire qu’on a la capacité de pouvoir faire une différence, mais que là, présentement, on est bloqués et qu’on ne peut rien faire», se désole Maud Pontel, coordonnatrice de l’Alliance des maisons d’hébergement.

Sa collègue Louise Riendeau estime qu’au lieu de contribuer à régler le problème, la ministre bloque les projets et force les femmes et leurs enfants à rester dans une situation de vulnérabilité.

«Juste cette semaine, SOS violence conjugale nous informait que, faute de disponibilité, il y a 45% des demandes des femmes qui ne peuvent pas trouver une réponse quand elles ont besoin d’un hébergement. Ça, ça veut dire 17 demandes par jour. Ça veut dire près de 1200 femmes dans une année pour qui on ne trouve pas d’hébergement au moment où la femme cherche à fuir la violence», a-t-elle noté.

SI VOUS AVEZ BESOIN D’AIDE

SOS violence conjugale

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