Élection américaine: une nouvelle vague de demandeurs d’asile si Trump est élu

Raphaël Pirro
Le Canada doit se préparer à une nouvelle vague de demandeurs d’asile si les Américains arrêtent leur choix sur Donald Trump à l’élection présidentielle. Le gouvernement Trudeau dit être prêt à toute éventualité.
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«C’est sûr que si Donald Trump fait ce qu’il a dit qu’il allait faire, c’est-à-dire lancer une campagne de déportation massive, ça va certainement provoquer des flux migratoires», affirme Catherine Xhardez, experte en immigration au Département de science politique de l’Université de Montréal.
Le chef du Bloc Québécois, Yves-François Blanchet, estime que le scénario est «plausible». «Je comprendrais des gens qui sont sur le territoire américain qui, sans autre forme de procès, sont menacés d’être expulsés sous l’autorité d’un président qui en a fait un de ses arguments les plus démagogiques», a-t-il déclaré mardi.
Le ministre fédéral de l’Immigration, Marc Miller, assure que le gouvernement a élaboré un plan en cas d’élection de Donald Trump, mais est resté avare de détails.
«Je crois que c’est dans l’intérêt de nos deux pays d’avoir une frontière bien gérée», a-t-il simplement dit.
La vague des années Trump
S’il l’emporte, Donald Trump a promis d’entreprendre le plus vaste plan de déportation de l’histoire, en renvoyant au moins 10 millions d’immigrants sans papiers dans leur pays d’origine.
Lors de son premier mandat, le candidat républicain et ancien président avait imposé des décrets anti-immigration qui avaient, en 2017 et dans les années subséquentes, provoqué une vague inédite de demandeurs d’asile au Canada.
Entre 2017 et 2020 inclusivement, 60 000 personnes en provenance des États-Unis ont demandé l’asile à la frontière avec le Canada, presque tous ayant emprunté le célèbre chemin Roxham, au Québec, selon une étude publiée en 2022 dans l’International Migration Review.
Avec le gouvernement de Joe Biden des années plus tard, le gouvernement Trudeau a renégocié et étendu l’Entente sur les tiers pays sûrs en 2023, réduisant en partie l’afflux de demandeurs d’asile au Canada.
Un nouveau chemin Roxham?
Malgré cette potentielle vague de migrants, le contexte n’est plus le même qu’à l’époque de l’administration Trump, selon la professeure Xhardez.
«Depuis l’extension de l’Entente sur les tiers pays sûrs, ce n’est plus possible de demander l’asile si on est passé par les États-Unis sauf certaines exceptions, par exemple, si on a de la famille au Canada ou si on a un mineur accompagné», explique-t-elle.
En d’autres termes, la possibilité de demander l’asile n’est plus ce qu’elle était, et le Canada pourrait devoir renvoyer des gens aux États-Unis. «Ce n’était pas acquis à l’époque non plus, mais ça sera beaucoup moins possible. [...] Ça ne veut pas dire que les gens ne vont pas venir, qu’ils ne vont pas essayer.»
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