Element AI licencie 42 personnes
Ils ont annoncé au gouvernement, lundi dernier, leur intention de supprimer ces postes


Francis Halin
La firme québécoise d’intelligence artificielle Element AI, qui passe aux mains des Américains de ServiceNow, remerciera 42 travailleurs d’ici lundi prochain, a appris Le Journal.
«Le licenciement collectif vise 42 salariés de leur établissement de la rue Saint-Urbain, à Montréal. Le licenciement sera échelonné entre le 30 novembre et le 7 décembre 2020», a confirmé au Journal la porte-parole du ministère du Travail, Catherine Poulin.
Lundi, ServiceNow a refusé de dire combien d’employés d’Element AI seraient remerciés, ni même combien de personnes composent l'équipe actuelle. Or Le Journal a appris qu’un avis de licenciement collectif avait été transmis par l’entreprise Element AI et reçu au ministère du Travail le jour même de l'annonce de la transaction.
«Des peanuts»
En début de semaine, Element AI avait refusé de dire au Journal combien d’employés seraient touchés par sa vente à un groupe américain. Très visibles dans toutes sortes d'événements publics, les cofondateurs d'Element AI, Jean-François Gagné et Yoshua Bengio, ont refusé d'accorder une entrevue sur la transaction.
«Nous ne divulguons pas la taille actuelle de l'effectif ou le nombre d'employés qui rejoindront ServiceNow. Cela dit, nous nous engageons à assurer une transition en douceur pour les employés qui ne sont pas retenus», s’était limité à dire, dans une déclaration transmise par courriel en anglais, Marc LeCuyer, directeur général de ServiceNow pour le marché canadien.
Ces derniers jours, des entrepreneurs québécois œuvrant en intelligence artificielle ont déploré l’achat d’Element AI par le géant de la Silicon Valley ServiceNow, pour moins de 400 millions de dollars américains, selon The Globe and Mail.
«Un grand joueur américain achète l'équipe d’Element AI pour des peanuts – relativement à la valeur que ce même talent aurait créée dans notre économie s'il eût été correctement géré. Dans le domaine du tech, on appelle ça un “acqui-hire”», a déploré le PDG de Coveo, Louis Têtu, dans une publication LinkedIn.
Element AI a pu bénéficier d’un prêt de 20 millions de dollars du ministère fédéral de l’Innovation et d’un investissement en actions de 12,5 M$ US du ministère de l’Économie du Québec (sur les 25 M$ US promis). La Caisse y détenait un investissement de 30 à 50 millions de dollars au 31 décembre 2019.
Quelque 80 demandes de brevets québécois financés en partie par des fonds publics passeront aux mains de l’entreprise de la Silicon Valley, ce qui a continué de créer des remous dans l'industrie ces dernières heures.