EN IMAGES | «C’est pas mon problème»: des locataires furieux que leur immeuble soit vandalisé

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Axel Tardieu

2024-07-31T18:01:41Z
2024-07-31T23:14:03Z

Des locataires d’un logement de la rue Ontario dans Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal, sont irrités d’être ciblés par des militants anti-Airbnb. Ils ont découvert leur immeuble vandalisé en se réveillant mercredi matin. 

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«C’est contre-productif. [Ceux qui ont vandalisé] viennent de gâcher la vie aux habitants», lance un locataire qui dit ne rien avoir à faire avec Airbnb.

Comme ses voisins, le locataire a découvert avec stupeur les dégâts en bas de chez lui au coin de la rue Ontario et de la rue Chambly mardi, autour de minuit.

La vitre de la porte principale de l’édifice a été brisée. De la peinture grise et noire a été aspergée sur les murs extérieurs et dans le hall d’entrée.

Un groupe anarchiste anonyme a revendiqué ce vandalisme mercredi matin, souhaitant dénoncer la présence d’Airbnb dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

Photo Axel Tardieu
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Habitants stupéfaits

Les habitants de l’immeuble sont frustrés d’être la cible de groupes anti-Airbnb. «Je ne paie pas pour vivre ici et recevoir des trucs comme ça à cause qu’il y a soi-disant des Airbnbs», avoue Gabriel Kafando, un locataire de 21 ans qui a été surpris de voir la police en bas de chez lui mardi soir.

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Il a emménagé dans un trois et demi flambant neuf en juin après avoir signé un bail d’un an. Le jeune homme a trouvé l’annonce de location sur Facebook. Il estime la situation injuste. «Je ne suis moi-même pas mêlé à ça. C’est pas mon problème.»

Un autre voisin, qui a voulu garder l’anonymat, est inquiet. «J’ai peur pour ma femme s’il n’y a plus de porte.» Le couple, lui aussi, a déménagé en juin.

«Il y a une quinzaine de foyers ici qui sont des baux à l’année. Il n’y a pas d’Airbnb ici», assure l’homme. 

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Un symbole du quartier

Le même immeuble a été la cible de critiques et de vandalismes l’hiver dernier.

Son propriétaire, l’entreprise Strawberry Stays, loue bien 11 annonces dans Hochelaga-Maisonneuve sur la plateforme Airbnb, mais, selon les vérifications faites par l’Agence QMI, les disponibilités sur ces logements sont bloquées sur les prochains mois, signe que leurs activités de location courte durée seraient sur pause.

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«C’est malheureux si des locataires ont été victimes de cette action», avoue Yaya Baumann, militante pour le droit au logement du groupe À bas Airbnb.

«Mais tout porte à croire que cet immeuble pourrait accueillir des Airbnbs dans le futur. C’est un immeuble pertinent à cibler pour les activistes, car c’est un symbole de l’embourgeoisement et “Airbnbsation” du quartier.»

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Les militants auraient également saboté les serrures d’une trentaine de logements Airbnbs, élément que l’Agence QMI n’a pas vu sur place.

L’acte de vandalisme visait «à montrer à la ville et aux propriétaires que les locataires d’Hochelaga n’hésiteront pas à s’attaquer matériellement aux propriétaires qui volent leurs logements», peut-on lire dans le courriel anonyme envoyé mercredi matin par les militants qui se qualifient d’«anarchistes» qui n’ont pas répondu à nos questions.

«Dans le quartier, ce serait 300 logements qui sont retirés du marché locatif en raison de la présence de Airbnb. Avec un taux d’inoccupation exceptionnellement bas, il est impossible de laisser passer ça.»

Le SPVM a ouvert une enquête. 

Avec l’Agence QMI

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