En préparation d’un nouvel album, Richard Séguin a une pensée pour ses petits-enfants

Marie-Claude Doyle

2025-12-04T11:00:00Z

Après avoir été intronisé au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens lors du Gala SOCAN en mai dernier, Richard Séguin a vu son grand ami Florent Vollant recevoir à son tour cet honneur lors de l’événement d’intronisation Légendes, qui s’est tenu le 17 novembre dernier, à l’Espace St-Denis. C’est avec bonheur que nous avons jasé avec lui de son amitié avec l’artiste innu et de ses projets.

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Richard Séguin avait toutes les bonnes raisons du monde de participer à la soirée Légendes du Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens le 17 novembre dernier, à l’Espace St-Denis. Son ami Florent Vollant était intronisé, tout comme lui quelques mois auparavant, lors du Gala SOCAN. «C’est quelqu’un d’exceptionnel qui a eu un impact incroyable dans la musique au Québec parce que c’est le premier qui nous a fait découvrir une langue qu’on ne connaissait pas. Chanter en innu, c’est important pour lui. Quand Kashtin est arrivé, ce n’est pas pour rien qu’ils s’appelaient la tornade. Ils l’ont été, pas rien qu’au Québec, mais à l’international. Florent a une grande sagesse parce que le temps est son allié. Il prend son temps. Il réfléchit avant de parler. Il a toujours des paroles de sagesse et de réconciliation. C’est quelqu’un qui s’ouvre à toutes les nations», de dire le musicien.

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Même si des kilomètres les séparent — Richard Séguin est établi dans les Cantons-de-l’Est et Florent Vollant, sur la Côte-Nord — les deux auteurs-compositeurs-interprètes ont toujours gardé une belle amitié qui dure depuis 40 ans. «Je l’ai invité à marcher dans Montréal en lui montrant tous les coins que je pouvais. On est allés voir des spectacles ensemble. Il m’a invité sur son territoire à Maliotenam. Florent a fait quelque chose d’exceptionnel en créant un studio d’enregistrement pour la jeunesse à Maliotenam, mais là, c’est rendu que le studio est ouvert à tout le monde. Il donne beaucoup à sa communauté et à la musique du Québec.»

En mode création

Trois ans après avoir lancé son 13e album solo, Les liens les lieux, le musicien est fin prêt à retourner à la création. «Tu finis un album et tu penses déjà au prochain, mais je suis retourné dans mes terres et je me suis investi beaucoup physiquement. Il y avait plein de choses à réparer, des cordes de bois à préparer. Là, ça va être plus tranquille, avec un crayon et du papier! (rires)» À ce stade-ci, l’artiste engagé, qui a laissé sa poésie parler pour aborder des enjeux de réalités sociales, environnementales et politiques, ne sait pas encore de quoi sa prochaine œuvre sera faite. «Ce que je trouve incroyable dans la création, c’est qu’à un moment donné, tu pars avec une idée, et c’est comme si tu te perdais dans le bois. Et là, tu trouves une trail, tu la suis. T’arrives à une carrière, c’est quelque chose que t’avais pas soupçonné, mais tu te laisses guider par ça. J’ai hâte de me retrouver dans cet état-là où un mot vient me chercher et à partir de là, tout s’ouvre. C’est arrivé souvent. La création vient nous surprendre et j’ai hâte d’être surpris! (rires)» Parmi ses sources d’inspiration, il y a ses petits-enfants. «Je suis à l’écoute de leurs préoccupations. Des fois, ça m’angoisse, mais je me dis que chaque génération a ses défis. Je pense à eux quand j’écris. On a quatre petits-enfants. Il y en a un en construction et il y en a deux qui vont suivre des cours de cuisine.»

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Entre musique et gravure

Artiste visuel à ses heures, Richard Séguin fait de la gravure depuis près de 26 ans. On peut voir quelques-unes de ses œuvres à l’exposition Les silences de la partition, présentée jusqu’au 25 janvier 2026 au Musée Beaulne de Coaticook. «J’aime beaucoup travailler sur des plaques de bois. C’est la plus ancestrale des formes de gravures. Le travail de gravure, c’est très long. Quand tu pars là-dedans, t’es dans un autre monde. J’oublie de manger! (rires) J’aime beaucoup faire de la gravure parce que souvent, l’image va précéder les textes. Je m’en suis aperçu avec le temps qu’il y a un écho entre les deux et que la chanson était déjà dans la gravure, et vice-versa.»

Dans son petit village de Saint-Venant-de-Paquette, il s’affaire déjà à préparer la cinquième Grande nuit de la poésie, qui se tiendra en août 2026, sous la direction de David Goudreault. «On est un petit village de 98 personnes et quand on fait la Grande nuit de la poésie, on se retrouve à 1500, 1600 personnes. C’est exceptionnel.»

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